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vincentdidier

lettre n°12

 oLes lettres se suivent et ne se ressemblent pas, mon inconnue. Car tu ne te ressembles pas. Et que je n'aime que les choses qui me manquent. Une petite citation de Jonathan Safran Foer : "(...) à chaque instant, je songe à Anna. Je donnerais tout pour ne plus jamais penser à elle, je ne peux m'accrocher qu'aux choses que je veux perdre". Ces instants, mille fois plus nombreux, où je ne te vois pas, sont-ils des songes creux ?
Tu apparais tour à tour lumineuse et terne, détachée ou proche. Le temps est-il en train de scier la branche sur laquelle je suis assis ? Je ne sais rien. J'avance dans un brouillard de plus en plus épais.
Tu entremêles les pistes et les signes dans le lacis de ta séduction et je me contente de réagir, quand tu es là. Réagir ! Une réaction. Je n'agis pas. Je pense, je pense à toi. ...je donnerai tout pour ne plus jamais penser à elle ...
Et pour l'instant, le temps n'efface rien de rien. C'est un orage permanent, sans éclairs, sans tonnerre, mais un ciel lourd de penséesmniprésentes. Du gris, du gris, du gris... Tes souvenirs tétanisent mes envies d'évasion. Et tu es revenue. Je t'ai revue. Rayonnante, cette fois-ci. Et c'est bien moi, du coup, qui étais tout petit, scotché dans un coin de mon être à te regarder. C'est étrange comme tous les non dits, les oublis manipulent nos attitudes comme des marionnettes. Ce jour là, tu étais la force centrifuge, tu as tout éclaté. Tu as brillé de connivences affichées. J'ai brûlé d'admiration. C'était un jour sans fin qui perdure, éternise la mémoire, m'enfonce.
En fait, tu n'as pas de stratégie, et c'est encore la meilleure. Je vogue sur tes présences, je sombre dans tes absences. Tes présences m'attirent et me repoussent hors de ton existence. En ton absence, je l'ai toute entière, cette absence, abstinence. Ma science te devine là où tu n'es déjà plus, ma comète, mon étoile filante. Je sais que tu n'iras pas loin,mais je ne te rattraperai jamais. A croire que l'être ne croit qu'en l'absence et croît comme ça. C'est le fondement des religions, des mythes.
Je t'avais trouvé trop petite, je te retrouve exultante, éphémère. Dans les deux cas, tu demeures une icône en moi, souvent destructrice.
Que ce soit clair, je n'écris pas cette 12ème lettre afin que tu me comprennes ou que nul ne me comprenne. Votre ou ta vie me comprendra à travers vos yeux et votre intellect. Aimer quelqu'un est un tel amas de souffrance. Ce quelqu'un demeure à jamais inaccessible. Tant mieux, tant pis.
Je donnerais tout pour ne plus penser à toi. Mais tu es la mer, tu descends, tu montes, tu es calme, déchaînée : plurielle. C'est ta beauté. Alors, je sais que je vais te perdre ou tu vas me perdre, me noyer dans ton oubli. Je donnerai tout mais je referais le même chemin. Il était si beau.
Ma passion.
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