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« Mais il est également des oiseaux

qui n'ont pas besoin de descendre sur terre

car le trafic aérien est tel

que c'est sur les avions que ces oiseaux se posent

pour reprendre des forces. A proximité

d'un aéroport, les animaux qui volent

deviennent redondants. »

 

Gonçalo M.Tavares

Un voyage en Inde

ed   Viviane Hamy

De loin, le livre le plus ébouissant que j'ai lu cette année. Ne pas s'arrêter à la forme qui peut, au début, repousser. C'est un étourdissant mélange de philosophie, de poésie, d'élucubrations, d'aventures qu'on ne laisse plus, une fois qu'on a été happé. J'aurais envie de tout citer de ce futur classique de la littérature mondiale. Et aussi sans doute, un livre que l'on relit, que l'on reparcourt, dont on surligne les fréquentes pépites et trouvailles qui vous tiennent sans cesse dans un état de bien être intellectuel.


Jeudi 22 novembre 2012 4 22 /11 /Nov /2012 15:37
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Un même livre, deux faces

Le théâtre et son double

via 10 minutes à perdre

 

 

 

Un bouquin de Stevenson tourné en 1931 raconte l'histoire d'un médecin qui se transforme petit à petit en bête monstrueuse et lubrique. Le texte est ici mis en lumière - j'allais dire en ombre - grâce au procédé de la réalité augmentée. Au-dessus de la table est placée une webcam qui va identifier les illustrations du livre pour les animer sur l'écran. On peut parler du renouveau des livres pop-ups qui, par de savants pliages, étonnaient à chaque ouverture de page.

 


Jeudi 7 juin 2012 4 07 /06 /Juin /2012 13:53
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Un livre qui saute aux yeux

 

 

L'émerveillement enfantin d'avoir à tourner les pages et de s'émerveiller à nouveau jusqu'à épuisement du livre. Il était une fois, il en était mille, c'est tout comme. Chaque double page est un univers qui vous happe et vous avale. du reste, ce ne sont pas des pages qu'on tourne, mais des mondes. Le bruissement de ce déploiement cartonné inaugure, à chaque visite, le même plaisir de mondes perdus et retrouvés. Si toutes les nuits on rêve, émerveillons-npus, en regard, tous les jours.


Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 12:54
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Fantômes

 

Des études montrent que le réseau social number 1 commence à donner des signes de lassitude (billet en anglais) chez les jeunes.

Avec un peu de recul, on s'aperçoit que tout y est assez rigide et convenu. La richesse du réel vient y mourir comme une étoile de mer sur une plage. Tout y est convenu et répétitif, englué dans un freeze de convenances. Les amis sont des êtres virtuels et parfaits et tout n'est que luxe, calme et...même pas volupté. A force de partager, on finit par ne plus rien partager du tout. A force de tout aimer, le goût se dissout dans une soupe tiédasse de bons sentiments. La culture y devient mainstream parce qu'elle guette trop le consensus. On ne peut plus y aimer que par les signes que l'autre doit donner. C'est une homogénéité globalisante et tout y est ravalé en un mur linéaire qui aplatit  sans aucun relief, sans aucune aspérité.


Je viens de lire un "petit" roman, comme le qualifie mon libraire : "Quand souffle le vent du nord" de Daniel Glattauer (Autriche). Deux personnes, par une méprise d'adresse, correspondent par mail sans se connaître. Deux êtres qui se céent ainsi un partenaire virtuel, un être imaginaire et parfait qui transcende la banale quotidienneté de leur vie. Leur échange de mails va les rendre addicts l'un à l'autre et inéluctablement la possibilité d'une rencontre va devenir de plus en plus improbable dans la vraie vie, comme on dit.

 

 




Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 09:25
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Austérité.


Hier, aucun accès au blogs hébergés chez OB. Une vilaine attaque des serveurs, réparée aujourd'hui. Baisse des visites, c'est déprimant. Du coup, je n'ai rien posté. J'en ai profité pour lire. Deux livres du même auteur. Enfin du même. Voyez
Christian Oster (Minuit) Dans la cathédrale. Livre très court dont on a du mal à ressortir, comme d'habitude chez cet auteur fétiche es éditions de Minuit.
Paul Auster (Actes Sud) Invisible. A vrai dire, je ne l'ai pas encore terminé. Immergé dans une histoire sordide en trois actes entre New York et Paris. Auster est un auteur austère qui vous mène solidement dans une histoire fascinante.
Bref, suite à une méprise homonymique de mon libraire et une panne de mon hébergeur, je n'ai pas regretté ma journée.

Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 08:16
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L'adversaire m'avait déjà bien accroché, l'histoire vraie de jean Claude Romand qui, durant dix-huit ans s'était inventé une vie.

D'autres vies que la mienne, d'Emmanuel Carrère, aura duré deux jours entre mes mains. Cette succession d'évènements indigestes, basés également sur des faits réels pose la question du plaisir du lecteur face à une œuvre littéraire qui patauge si crument dans la souffrance et dans la mort.

Deux destins : celui d'une enfant engloutie par le tsunami et celui d'une jeune femme emportée par plusieurs cancers successifs. On est glacé sans cesse par la précarité de nos vies. Le livre refermé, on fait attention à soi et à son entourage.

L'écriture est sobre, concise. On se prend, justement, à éprouver du plaisir à lire la misère.

C'est l'essence même de la littérature, me direz-vous, que de caresser la plaie du monde avec le style. La mort en ce jardin est d'écriture. Je m'en veux pas mal d'avoir dévoré ces destins que la vie a engloutis. Nul message d'espoir, sinon, l'oubli. Le travail du temps, qui efface les apparences sous le renouvellement du quotidien. Du moins, aux yeux des autres...


Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 17:15
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image hébergée par photomaniak.com


Je suis plongé touts les soirs dans « Brèves de Blog » : une sorte de best of des commentaires du blog de Pierrre Assouline : la république des livres (Le Monde). Quelques personnalités bien campées y vampirisent la scène de leurs arguties. De « Montaigneàcheval » à  « Mauvaise Langue » le fleurissement de pseudos envoie la sauce d'une inarrêtable logorrhée qui, tour à tour se bat à fleurets mouchetés, monologue, fait étalage d'urbanité bourgeoise moyennant quelque obscénité frileusement choisie, montre sa sagacité... on n'en finirait pas tant la liste est longue. De temps à autre, un petit malin y glisse une impénétrable métaphore ou autre OVNI littéraire. Bref, on ne s'y ennuie pas, tout en s'y ennuyant quand même. Cela sent le blasé. Le cultureux méprisant qui ahane au kilomètre des milliers de clins d'œil second degré, de vilaines outrecuidances bourgeoises. Bref, vous m'aurez compris : ça sent le ranci, mais j'aime. J'aimerai m'y plonger, dans ce marigot de province parisienne, m'y vautrer de remarques hallebardières. Mais je n'ai pas le temps de me faire connaître du sérail : d'autres chats à fouetter. Le livre m'y a donné comme un mode d'emploi pour les nuls : « Le nouvel âge de la conversation »

Mais le commentaire a sa grandeur et ses limites. Il sent vite le refroidi quand on parle des limites. Allez sur le blog et épluchez : un fastidieux travail d'archiviste mormon vous y attend auusi abstrus que d'éplucher les articles des journaux littéraires du début du siècle dernier. Que des signes. C'est irrémédiablement codé, hiéroglyphique.

Le livre décante, choisit. Taille dans la masse. Elabore une stratégie de compréhension par l'élagage. Garder les galets qui surnagent du sable infini des mots.

Mon préféré : Montaigneàcheval. Le pseudo, déjà. Il évoque le khâgneux que j'ai été et resterai toujours. Quand à Assouline, je crois qu'il ne poste plus des billets que pour ses commentaires.

Vivement le tome 2 !


Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 17:50
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C'est la maman qui écrit. Il faudra dix morts pour qu'elle se réconcilie avec son fils. Kévin. Kévin c'est Eléphant. Elephant kid. Il ne va pas bien dans sa tête. Maman le sait. Papa pas. Depuis qu'il est né, il est tordu. Et il fait tous les coups tordus. C'est un névrosé de naissance. La maman arménienne est une inadaptée qui va se détacher de son fils dès la naissance. Bébé va faire mille et une conneries sans que jamais papa ne s'en rende compte et même jusqu'à crever un oeil à sa soeur cadette. Personne ne l'aime Kévin, à l'école. C'est le salaud par excellence. Il fait chier tout le monde tout le temps. Les profs, les filles, les voisins. Sa façon d'exister est la solitude et l'opposition. C'est un raccourci humain des Etats Unis : un mini Bush. Le père est portraitisé comme le bon plouc américain fier de sa nation et donc de son chieur de fils dont il ne voit que la perception des défauts. La mère est la narratrice décalée, l'immigrée. Elle a enfanté un monstre.

Il va tuer dix personnes de son collège à l'arbalète en les enfermant dans un gymnase. Précisément, les dards vont crucifier ces ados. La scène est atroce.

Et il est fier de ça, en prison. C'est un auteur, un artiste.

C'est une Busherie, oui !

A lire : c'est prenant, actuel, palpitant de bout en bout. Lucide sur la nation américaine, le monstre qu'elle ne se voit pas devenir.

Inquiétant.

 

 


Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /Fév /2007 08:08
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La phrase, ce vaisseau dans la ma mer du texte, accrochée à sa ponctuation, une histoire, une cellule. La réduire. Fracture. D'un bord à l'autre lui faire signifier le courant de lecture, de la naissance à la mort. Et l'oubli qui s'en suit. Après le point : un autre jour, une autre majuscule naissance. Une phrase d'une lettre. M. Voilà qui est écrit. Ou pas de phrase du tout, rien qu'un texte in-ponctué, rassasié de lui même, le corps à l'état brut : insensé, insensible, illisible, au fond.

Les stylistes triturent, déchirent, stylisent. Les raconteurs évitent. Les grands écrivains sont capables des deux : en une grande stratégie d'évitement de l'ornement, ils imposent l'être du style. René Char,Marcel Proust, Christian Gailly- le dernier).

A trop triturer, on ne raconte plus rien. A trop raconter, on n'effleure plus l'abime de l'être. Il n'est qu'altérité : à ne pas oublier. Cela que l'être n'est que dans l'autre. Le sens n'est pas lové dans nos phrases, mais dans leur manque à être. Sujet/verbe/ compliment. Rien de grave. C'est du journalisme. Et encore.

Vous allez donc careser le néant en ouvrant vos phrases à l'inconnu de leurs fragilités. D'obscures clartés en sortiront. Lisez, vous serez ravis. pas trop quand même jusqu'à se perdre. C'est la route des crêtes : soi-même comme un vertige de sans arrêt se tromper dans le choix des mots, des structures, des cassures, des non-dits.

La phrase de Gailly est courte, brève, inachevée. A lire son texte : Les oubliés, on ne peut que courir de phrase en phrase, être emporté par ces dominos qui chutent sans arrêt. C'est trop vite. Les émotions n'on pas le temps de s'installer en cette succession mitraillante de flash. Ralentit-on la vitesse de lecture que nous voilà au milieu d'un désert de pierres à perte de vue et que tout sens disparaît.

Il n'y a aucun bon rythme de lecture chez Gailly. Vous en sortirez frustré et c'est sans doute ce qui compte, loin des habituelles litanies monotones de nos phraseurs séduisants. Lui, casse. Lui, fracasse la phrase. L'inachève. La syncope. C'est du jazz. Free même parce que.

Tiens, voilà que je pastiche le grand écrivain. Moi qui ne sait jouer qu'à cache cache avec le sens, ne le trouvant jamais à force de le perdre. L'oublié.

Et puis aussi : "Les oubliés", ça se retient non ?


Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /Fév /2007 07:59
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Léonora Miano.
Contours du jour qui vient.
 
 
Indigestement essentiel, faussement africain, lourd et pâteux, faussement philosophique. Quand on a dix-huit ans, on touche au sublime en lisant cette bouillie un peu longuette.
Faux pays, fausses scènes déroutantes, fausse écriture, faux semblant de fin. J'avoue que franchement j'ai eu du mal à digérer la grosse pâte littéraire de notre auteure africaine couronnée par les lycéens.
Cela commence par une innommable scène de torture d'une petite fille africaine, rejetée par sa mère. Insoutenable. Réaliste, peut-être, je ne dis pas le contraire. Peut-être la partie du livre la plus lisible.
Le reste sombre dans un grossâtre monologue sur toutes les misères des orphelines africaines. Et là, tout est faux. Parti pris de créer un pays et une ville imaginaires qui pourraient s'appeler Cameroun. Des personnages inexistants ont peine à nager dans ce pudding narratif qui puisse ses forces dans le misérabilisme à rallonge.
C'est une litanie de phrases contre la mère rejetée, répudiée, castratrice de vie. C'est monotone, monocorde. On en a vite marre de ce style pseudo philosophique. On est à mille lieues d'Annie Ernaux. Un peu de sobriété aurait peut-être éclairci l'affaire.
Sans parler des retrouvailles de fin qui sont d'écoeurement.

Vendredi 19 janvier 2007 5 19 /01 /Jan /2007 17:42
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