Emoi.

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Passé simple.

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Ce monde n'a pas d'explication, aucune. En aurait-il une qu'il n'existerait pas. Si le tout du tout était rationnel, ce monde serait alors fini, il pourrait être contenu dans une encyclopédie, les mots pourraient l'achever. Mais le temps dépasse notre compréhension. A peine aurions-nous écrit le livre du définitif qu'il serait déjà obsolète. Ainsi la science et la religion s'épuisent à cerner la totalité en un discours qui se voudrait absolu et définitif sur le monde : comme une paraphrase. La philosophie, au contraire, ouvre une béance, des apories, un constat : l'être n'est que dans son insaisissable inachèvement. Et la seule explication du monde est qu'il n'y en a pas de possible.

 


image hébergée par photomaniak.com

Mercredi 23 avril 2008
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Un univers un peu décalé….peut-être avec quelques recentrages apeurés de vos lectures. Certains savent lire, d’autre pas ou moins, ou ne veulent pas, n’ont pas même le temps. Que ne fais-je toujours aussi bien le grand écart du trivial au néant des idées. Poésies diverses. Mon blog regarde son compteur comme une horlogerie. Vous êtes venus, c’est plaisant. Plaisanterie. Je suis un plaisantin déplaisant. Oui, à mes heures. Ceux qui me lisent, de temps à autres, ne connectent pas ces propos au reste, du reste…Si les vidéos étaient comme mes écrits, personne n’errerait….Ne m’accusez pas d’être : c’est assez difficile comme ça. Ne me critiquez pas, regardez derrière vous si vous avez un ange gardien et, s’il vous plaît, ne hochez pas la tête en disant : « il délire ! ». Si vous en avez un, demandez lui donc si j’en ai un moi. Parce que sans cesse, je doute. Parce que sans cesse j’interroge le vide que je suis. Parce que sans cesse mes certitudes de jeunesse s’amenuisent, n’anéantisent. Sans cesse, ce texte va se casser la gueule.undefined


Vendredi 14 mars 2008
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Ne vous fiez pas à mes élucubrations nihilisto-désespérées, elles sont de l’ordre du gadget. Je me dis : tiens, je vais déprimer ce soir. En fait, deux verres de whisky et le dernier Radiohead et boum, c’est parti pour un tour de manège galactico-euphoridéprimant. Ma déprime m’est chère : c’est un vieux compagnon de route, un sac à textes, un lâcher de maux par les mots.

Si un jour, je vous annonce ici mon suicide, n’en croyez pas un traître mot. C’est compris ? N’alarmez pas la blogrossesphère, l’aboulafacette des geeks rois geeks rois pas. Ce sera un fake. Inquiétez-vous surtout quand j’écris une poésie absconse (vous pouvez aller voir le résultat déplorable dans la rubrique idoine) et donc ne vous inquiétez pas car cela fait assez longtemps que je vous ai épargnés de mes ineptes vers.

Donc, pas l’affolement sur l’état de Didier. Et de toute façon, je l’ai toujours été, nihiliste. C’est déjà quelque chose. Je suis un nihiliste qui nie son nihilisme. Un martien qui a perdu sa soucoupe dans un centre vil et qui fait tout pour faire semblant de la retrouver. ET, iPhone, maison. L’appel du vide quand on n’a pas de réseau, c’est fait pour apitoyer som monde. « Vous voyez comme Didier il déprime, c’est un romantique, un poète. ». Pfffff, un alcoolique, oui. Nan, tshirt, pas un drogué.

Donc, résumons-nous : ne vous fiez pas à moi car je suis fuyant, instable, désireux de ce qu’on s’intéresse à ce que je ne suis déjà plus. En fantôme, je crois que je serais pas mal. On verra ça.

Plus tard.

Vendredi 4 janvier 2008
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Des fois, j’ai envie de ne pas être. Je dis des fois, mais c’est souvent en fait. Parce que la plupart de ce que je suis ne dépend pas de moi. Tout ce gigantesque corps remué de sombres passions, ce languissant vieillissement avec sans cesse les mêmes opinions un brin banales et ringardes, ce sempiternel constat de n’être rien. Le monde aurait pu facilement se passer de moi. Et dans deux générations on m’aura oublié. Je ne cherche pas à ce que vous vous apitoyiez. M’en fous, en fait. Je vous fais simplement part d’un de mes états de consciences. Parce que je pourrais tout aussi bien vous dire tout le contraire : que c’est moi le mieux, que je suis un génie et un sage, un mec séduisant et spirituel. Pfffffffffff : désolant.
Mais pas en ce moment. En ce moment, je vous dis que si je n’étais pas là, ce ne serait pas plus mal. Ce monde n’existerait pas, puisque je suis le seul à le faire exister. Réfléchissez à ça ! Sans vous, plus de monde. Il n’y a aucune méta conscience intemprelle qui passerait son temps à conscientiser le monde encore et encore. Et à quoi bon, du reste.
Je ne serais pas. Conjecture. Je suis désolé d’être si désolant ce soir, mais ce monde est une vaste désolation.
Remarquez, s’il n’y avait eu aucun obstacle à l’être : l’être ne serait pas. Etre, c’est s’opposer, faire face. Imaginez un instant que, lors de la création de l’univers, aucune force ne soit venue contrarier l’être. Tout serait lumière. Tout serait vite allé : lumière, lumière, lumière. Un peu chiant aussi, comme processus.
Autre exemple, je mets un truc sur ce blog et tout le monde le trouve bien, et je reçois une infinité de coms positifs et je deviens président de la République et je saute Carla Bruni et ça ne s’arrête pas.
Pourvu que la gauche revienne que j’aie envie de nouveau d’être. C’est – dire de n’être pas.

Jeudi 3 janvier 2008
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Peut-être que je vais m’en aller. Peut-être que je vais quitter ce blog. Vous allez me répondre que je l’ai déjà quitté depuis longtemps avec toutes ces fadaises que je prodigue. J’ai déjà tout quitté en fait. Tout et tout le temps. C’est de l’eau. L’eau des fleuves boueux du temps. Je ne me reconnais pas dans ce blog. Le succès efface l’être. Je fais la putain, et trop bien. Me fais des ennemis. C’est trop facile. Etre connu, être visible, c’est trois fois rien. Je fais le nul dans l’espoir d’être quelque chose. Le singe. L’intéressant. Le montreur d’ours. Et je continue. Parce que la vie, la plupart du temps, c’est continuer à se tromper ; se tromper de mieux en mieux. Savoir : savoir qu’on se trompe. Ne me suivez pas là où j’écris. C’est en secret. Mes états d’âme ne regardent que moi. Ils me regardent, c’est-à-dire que je suis leur sujet passif .Vous avez trouvé. J’abandonne trop facilement l’écriture. C’est une amie trop lointaine et froide et qui ne guérit de rien. Je réfléchis : je ne suis même pas dans ce texte. Même pas caché . Alors ? Alors ? Alors je vais m’en aller, sachant que je n’ai jamais été là. Impuissant à voulant être soi-même. Salutaires fuites immobiles. Ou croyances de. Il faut bien quand même que quelque chose bouge qui fasse penser ou croire que le propriétaire des lieux a tout laissé en friches…

Place aux autres.

Vendredi 12 octobre 2007
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D’immenses cargaisons de signes prolifèrent à tout instant (ce texte en fait partie) : c’est une expansion de l’écrit, un océan de langages, une infinité babélienne  que rien n’épuise. Livres, revues, journaux, blogs, bulletins, affiches, messages, lettres, que sais-je encore…si l’univers est en expansion, la galaxie Gutenberg l’accompagne. Un archivage est impossible. La prolixité de l’écrit le rend éphémère, vulnérable au temps.
Des charrois entiers de romans chaque année, comme une invasion barbare, une pluie de météorites : le besoin de tout lire vise à l’extension infinie de notre culture. L’inextinguible soif à jamais inassouvie de la chose écrite. C’est en fait une texture insensée, comme un bouillonnement verbal, verbeux. Quelques perles. Quelques pépites. Et puis après ? Si vite oubliées.
Le temps nous sauve la vie en tuant la culture. Plus nous lisons, plus notre savoir personnel diminue face à cette immense vague de productions écrites, d’auteurs, de voix, d’imaginaires. Plus nous lisons, plus nous nous rendons compte que nous ne lisons pas assez. Donc, il ne faudrait pas lire ou, à défaut, opérer des choix ?
Choisir. Choisir ce que l’on va lire, sachant que lire c’est à 99% oublier ce qu’on vient de lire. Les phrases n’impriment pas notre mémoire. On a lu un livre, c’est pour l’oublier. Le conseiller est une belle forme d’oubli.
D’où mon idée un peu nietzschéenne de la littérature. Aucun livre ne transcende l’humain. Peu importe que tel auteur ait ou n’ait pas existé. Peu importe ce que vous lisez ou pas. Nous sommes tous des Fabrice face à cette immense bataille des lettres. Notre connaissance ne peut être que métonymique.
Je crois que les écrivains ne visent en fin de compte qu’un seul lecteur : Dieu.
C’est déraisonnable. A l’image de cet univers.

Lundi 27 août 2007
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Longtemps je me suis couché de bonne heure, comme sur la plage un visage de sable.

 

 J’aime les premières phrases. Souvent, si ce ne sont pas les meilleures, ce sont, par leur aspect inaugural, les plus réfléchies, léchées. Je suis certain que l’auteur l’a ressassée une infinité de fois cette première phrase. Quand je vais à la FNAC, je folâtre parmi les premières phrases, carnet en main. Remarquez, je pourrais aussi m’intéresser aux dernières, mais souvent ce sont les plus connotées. Elle se veulent accrocheuses et montrent l’intention. Ou bien je vais vous narrer une histoire ; ou bien regardez mon style ; ou bien, je vais vous surprendre ; ou bien encore j’en fais des tonnes léxicolégales pour vous plaire ; ou bien…

Je ne vais pas vous en citer des premières phrases, à vous d’en dénicher dans votre bibliothèque. Ou même sur internet : un site : http://olleduc.hautetfort.com/ propose avec une première phrase de la poursuivre en nouvelle. Exemple : à partir de cette phrase : L’autocar a tourné trois fois sur l’esplanade qui borde le port du canal .

Imaginez un roman qui ne contienne qu’une seule phrase. J’aurais l’air malin avec mon bloc notes et mes idées toutes faites. Ou un roman qui n’aurait pas de première phrase. Elle serait absente, envolée, occultée. Ou pas de phrase du tout. Ou rien, même pas un roman : mais là, je m’égare …Imaginez même que je n’existe pas. Le problème est résolu : plus de texte sous vos yeux, plus de mec qui vous bassine avec ses élucubrations sur les premières phrases de la vie. Mais là, je dévie encore, je déraille comme on dit. Auriez vous imaginé ue vous, vous n’existiez pas ? Non ? Cela ne vous est jamais venu à l’esprit : forcément, terre à terre que vous êtes.

Ah, les digressions. C’est mieux que d’aller à l’essentiel. Le reste du roman est d’ailleurs une grande digression de la première phrase (j’y reviens). Un post scriptum. Prenons une métaphore : celle de la vie. Votre première phrase, qui n’en est pas une, puisqu’elle est dépourvue du langage structuré, est votre prime enfance. Le reste de votre vie, à savoir à partir du premier mot que vous avez prononcé en découle. N’est même peut-être pas nécessaire. Tout est déjà dit en vous. La première phase….Et que, existant, vous faites tout pour essayer de vous ressouvenir. Mais c’est trop tard. La pureté de l’innocence est déjà gachée par tout ce que vous êtes devenu. Cette première phase vous est inaccessible.

La première phrase du texte, pareillement. Perdue sous la loggorhée qui la suit. Le premier arbre de la forêt, oublié, perdu. Catalogué comme faisant partie de la forêt et c’est tout. Alors que, il la cachait si bien, au début.

Au début…

Mercredi 22 août 2007
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Saluez le grand hasard qui vous a amenés ici. Vous êtes vous-même, c’est mieux que d’être un autre, on s’en serait douté. Dites « je » et vous serez exaucés d’une vie sereine pleine d’accidents sur lesquels vous surferez. Vous n’êtes pas les autres, vous êtes mieux : vous êtes. Tout ce qui vous entoure est assez médiocre, somme toute. Vous êtes plus que l’être ! Saluez le grand hasard qui dit « moi » en vous. Vous vous croyez nécessaire, vous l’êtes. Mais sans plus. Votre horizon est une absence salutaire de questionnement. Texte chargé du verbe être conjugué à tous les temps et chargé de toutes les postures. Les impostures. Car vous êtes bien un imposteur sans le savoir. Votre voiture, votre maison, vos propos, vos amis, vos espoirs et craintes, votre 99 pour cent du temps passé à de ridicules actions si vite oubliées. Vos petits films du jour, vos ampoules à changer, vos propos bistrotiers aux jugements universels définitifs et sans appel, votre imbécile vécu, vos bonnes actions si humanitaires. Votre belle ignorance crasse du simple hasard que vous êtes. Qu’êtes-vous ? Cette simple question ne vous effleure jamais. Vous vivez bien sans cela. Moi pas. Votre inventive animalité grotesque ne me revient pas. Vous diffusez trop de certitudes avachies, de ventripotentes opinions sur vous et les autres…doxa. Dans la foule, je suis seul. Vous êtes. Je ne peux pas lutter contre autant de suffisances. Je suis insuffisant. Le hasard qui m’a fait va m’oublier un jour. Peut-être….

Jeudi 9 août 2007
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La reprise, la rentrée, le recommencement, le retour, le retour du même qui recommence, réitère, refait, triture, redépoussière, réempoussière… Toussez !!! Le soleil luit lui… Moi, je sombre. Le répétitif me plaît, me replaît…j’en suis replet.

Il revient début août, alors que plus personne n’allume son PC. Non, pas il, je. En outre. Et il dit toujours n’importe quoi je. Hubert va encore se gratter la tête à essayer de comprendre ce que je dis. N’essaie pas, Hub, t’es bien le seul à tenter de déchiffrer mes déblatérations pseudo débiles. Va faire du raft sur ton beau torrent et monte un blog d’enfer tout plein de vidéo en mode subjectif….

Je rechausse donc mes gants vides et vais remplir cette poubelle bloguesque que les intarissables Ratatouilles que vous êtes allez défouir. Je ne connais pas encore le tri sélectif, alors pardonnez l’hétéroclite, le surréaliste, l’ubuesque, le règne du bordel. De toute façon, c’est sans importance. Comme une œuvre inepte, une liste comme en cite Michel Foucault au début de « Les mots et les choses » .

Illicite, illisible, incohérent et monolithique tel le ciel étoilé. Au milieu de l’été, sans aucun danger, je vais naviguer encore et encore parmi les étoiles. Et puis me perdre. Vous retrouver.

Vous verrez, à force de me lire, ou ne pas me lire, vous allez bien finir par ne plus rien comprendre du tout. Tel est le but du je. L’existence ne précède en aucune façon l’essence. L’existence précède l’existence et c’est heureux. Je ne progresserai donc pas, ne chercherai pas à mieux faire, à m’améliorer, à avoir un blog joli joli et bien rangé ! L’existence précède l’accident, l’accident de notre mort. L’essence que vous y cherchez servira sans doute à votre crémation, sans plus.


Lundi 6 août 2007
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Les vacances vont mollir les blogs dans une langueur sableuse couronnée de ciels bleus. Et d’orages d’étés. Le tour de France s’alanguit de montagnes, serpent inoffensif. La France se dore d’indifférence au monde. Incessant va et vient, aller retour, butinage d’ennuis.  Voici le temps où tout bouge sans bouger, où tout court sans se presser : nos éternelles grandes vacances d’enfance, ce temps de cocagne. Plus rien ne peut arriver puisque plus rien ne se passe. C’est comme un déni du temps, ce temps de sable et de sabliers horizontaux. Les petits grains du temps ne vont plus s’écouler, trépidants et pressés, du haut vers le bas. Les petits grains de temps vont s’étirer en lagunes, horizontaux, à peine grisés du vent de la côte. Nous nous étirons également, regardant la mer. Les blogs mollissant, nos cerveaux s’appesantissant aux soleils de plomb. Vacance : absence de temps. Plage déserte. Et puis un jour, ce blog ne sera plus qu’une page de sable. Cliquez sur chaque grain : vous verrez bien. Quand vous aurez tout cliqué, il sera bien temps de se remettre au travail. image hébergée par photomaniak.com

Mercredi 11 juillet 2007
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