L'image est très belle de ces oiseaux pris dans ces rais de lumière comme des âmes errantes. La nature a de ces métaphores ! Les deux tours furent des pièges pour 3000 hommes et, en regard, les
deux faisceaux lumineux enserrent les oiseaux migrateurs. Ils sont une nuée de 10 000 à tounoyer ainsi dans ce piège lumineux. Comme des âmes errantes. La lumière, les attirant, les a
désorientés. l'image est belle et poignante, surlignée par ce violon ethéré.
Alors, pour les libérer, on a coupé la lumière, si fortement symbolique. Parce que le vie est plus forte que tout symbole humain. Par ce geste, s'ouvre un nouvel espace de liberté. Le noir est
revenu et les oiseaux redeviennent libres, le lien lumineux s'est désserré qui figeait leur voyage. Et un autre symbole apparaît, du coup : c'est que le deuil doit être sublimé par la vie.
L'image est belle aussi d'accepter la constructiond'une mosquée. Je ne suis pas étonné de l'intelligence d'Obama dans ce geste qui va dans le même sens car ce n'est pas l'Islam qui pilotait les
avions.
Regarder deux fois ce film et l'écouter aussi deux fois, la voix magique de Lisa Gerrard de Dead Can Dance (The host of Seraphim). Et c'est tout simple :
le ciel et la terre en osmose de ce son Képlerien intensément extérieur, infiniment tangenciel. Ces paysages nous constituent : l'arbre et la mer de ce sud à la fois austère et chatoyant,
ces gnomons marins, comme des statues aux yeux vides qui ne cessent de faire semblant de regarder vers nulle part. Musique zénithale irradiant une lumière froide et dense où frétillent les milles
idées éphémères de notre imagination si prompte aux leurres bienheureux, Woolfiens. Vagues immobilisées dans l'instant, glacées. Villes de Chirico qu'on ne quitte jamais car on ne peut en
sortir.
Tout est symétrique : la musique et les images faussement statiques, les césures gauche-droite, sans faux semblant d'excentricité, le ciel et la terre
séparés d'objets, le regard et la pensée, la vision redoublée de ce court métrage ; mais rien n'est central comme une clé de voûte, un passe partout qui ouvrirait notre
compréhension.
La contemplation, se suffisant à elle-même, comme une perpétuelle insatisfaction, comme le calme de ce qui est fermé opposé au tumulte de ce qui est
ouvert.
Ne pas se satisfaire de l'insatisfaction, s'ouvrir en restant fermé, extérioriser ses paysages interieurs, en pure perte. Mais ce n'est pas grave : il
n'y a rien à gagner.
Un beau jour, on se réveille dans ce pays imaginaire où on n'est plus ce petit gros que tout le monde rejette, où on ne porte plus de palmes, où votre
grand-mère acariâtre et laide s'est assoupie, comme flottant dans une boule à neige, quittant la terre, flottant et flottant encore, comme en rêve, corps astral dans l'espace bienfaisant des
désirs assouvis : une sorte de nirvana de pacotille (pléonasme ?). Loin, très loin du quotidien tout gris d'un pavillon de banlieue, d'un jardin naïf et étriqué rempli der bibelots
affreux, d'une vie sans horizon, d'un ennui sourd et plat. Très loin de tout ça.
Mais n'est-ce qu'un souvenir de rêve ? Sans doute. Mais l'irréalité inonde tellement, le souffle de l'imagination irrigue tant le cerveau, la bulle des
désirs est si résistante malgré sa fragile finesse que le réel, ce réel honni s'en trouve...comme réalisé. C'est ça : nous, rêveurs, sommes les réalisateurs de nos vies.
Mettez plein pot, n'hésitez pas, cette chute est un poème. Un Booster de la Navette Spatiale qui redescend vers la Terre. Je sais que, dit comme ça, ce n'est pas du
tout...poétique !
Et pourtant. Plein écran, un instant seul, une pause, vous allez voir que les atomes de notre univers vont entrer dans votre corps (c'est pas une image poétiqe, ça ?)
Concourent à cet instant magique : la course spiralaire dans un vent stellaire, le défilement du soleil et des nuages, la qualité primitive des images, l'absence d'humanité, la chute, bien
évidemment, la sensation de tenir la terre dans sa main...
Cherchez, vous aurez maintes raisons de trouver une poésie dans ces images fascinantes.
Merde, c'est quand même la première fois de ma vie que je m'identifie à un Booster.
Les doux rêveurs, dont je fais partie, sont de gentils fous lunaires qui jamais n'atterrissent
C'est du rien dont je voudrais vous parler, ce rien qui meuble nos journées. Parler de tout et de rien avec vous, vous entretenir. Vous entre tenir la main,
mine de rien, comme un effleurement de pensées, pétales voletant doucement dans le clair matin des villes. Parce que je ne suis rien, vous vous en doutiez déjà. La rude tâche d'être soi-même
alors que tout me dit que je suis un autre, c'est déjà mieux que rien. « Parfois, j'ai l'impression d'être moi-même », joli aphorisme rimbaldien.
Courez sur ces images, vagabondez, laissez-vous porter par le flux diffus de vos impressions. Rien ni personne ne rattache ces images que vous-même. Pensez-y.
Vous êtes seul au monde dans ces cas là. Seul à constuire mollement votre paysage intérieur.
Chill out d'images mêlées d'une mélopée douce et ouatée, comme l'éternelle part de céleste béatitude en vous qui affleure par moments ; dans ces
moments-là où les nuages défilent, où de réminiscents visages tutoient vos souvenirs, où toutes vos connaissances fondent comme glace liquoreuse devant la nostalgie de l'être.
Ces riens vous rendent d'une impression si étrange et pourtant c'est vous, une facette de vous qui vous apparaît avec l'essentielle évidence du hasard. Flot
d'images bienfaisantes, apaisantes. Vous découvrez alors que vous n'êtes pas que cet individu banal que les autres ont tissé, que ce réseau relationnel pris dans le ghetto des rituels de la
société, que cet individu tristement anorexique de rêves éveillé. Vous vous découvrez poètes.
Sirotez ces images au soleil de vos pensées. Ne cherchez pas à capitaliser. Ne cherchez pas à critiquer, juger, démolir, déconstruire que sais-je encore de
vos biles habituelles.
Cet instant, dans son côté unique et précieux, est perdu. Perdu à tout jamais. Déjà, il n'est plus rien. Passé. Plus rien. Je vous avais
prévenus.
Où dans le monde est Matt ? Le voici donc de retour notre pélerin danseur pour un montage euphorisant et une musique non moins. Le monde est sa scène. C'est
un mythe moderne, un œcuménisme d'épinal et gentillet. La même danse, des décors variés, des gens, des gens, des gens. On y croirait. La danse comme symbole du monde.
Elle m'a touché cette vidéo. Touchante. Ce poème improvisé. C'est en anglais, mais c'est facile à comprendre.
Un camescope, un peu de tendresse, un bouquet de fleurs, un arbre, de l'herbe, une bagnole. Même pas une Toyota. Aimerez-vous cette mini poésie filmée sans prétention ???
il y a des moments de rien, pur paysage, mer verticale, nulle part d’où venir, flottaisons de silences, comme des notes, ceux-là où on se sent exister d’ennui, sans aucun souvenir, nul être perturbateur, sans désir précis, à fleur d’inconscience et tout paraît redevenir étrangement soi-même en un apaisement qu’on sait de courte durée, mais quand même…
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