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L'Olympia de Manet


Des pas résonnent dans l'escalier. Je suppose que ce sont des enfants qui les dévalent. C'est comme les chapeaux que Descartes voyait de sa fenêtre. Il y supposait des hommes marchant. Des chapeaux, ou les jambes des femmes par le soupirail dans un film de Truffaut. Vie émiettée. Je regarde en arrière (j'ai progressé, voyez, avant, j'aurais écrit « on regarde en arrière ») et c'est vertigineux soudain. J'ai mille ans. Je viens de trouver cette citation dans l'élégant livre de Sollers sur Manet : « L'éclaircie » (Gallimard ).
« Sous prétexte que vous n'avez jamais vu de vos yeux quelqu'un qui aurait vécu mille ans, vous prétendez que de tels individus n'existent pas. Mais permettez-moi de vous demander, si jamais vous en rencontriez un, à quoi le reconnaîtriez-vous ? Il ne diffère en rien des individus ordinaires »
Hsi K'ang, Chinois du 3ème siècle.
Sollers est d'une légèreté de plume inimitable qui nous réveille des épais romans américains. Certes, il a ses partis pris des choses, et qui peuvent irriter, comme son mépris de l'art contemporain. Il enlumine Manet de ses portraits de femmes.  "Mais qu'est-ce qu'une belle jeune femme, s'il n'y a pas un Manet ou un Picasso pour la voir ?"


Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 10:54
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Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire
J'entends qu'on s'amuse et qu'on chante
Au bout du couloir ;
Quelqu'un a touché le verrou
Et j'ai plongé vers le grand jour
J'ai vu les fanfares, les barrières
Et les gens autour

Dans les premiers moments j'ai cru
Qu'il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l'avoir
Cette danseuse ridicule...

[Refrain] :
Est-ce que ce monde est sérieux ? x2
Andalousie je me souviens
Les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant
Ce pantin, ce minus !
Je vais l'attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil

Ce soir la femme du torero
Dormira sur ses deux oreilles
Est-ce que ce monde est sérieux ? x2

J'en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou
Pour que je m'incline

Ils sortent d'où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier ?
J'ai jamais appris à me battre
Contre des poupées
Sentir le sable sous ma tête
C'est fou comme ça peut faire du bien
J'ai prié pour que tout s'arrête
Andalousie je me souviens

Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu'on puisse autant
S'amuser autour d'une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux ? x2

Si, si hombre, hombre
Baila, baila

Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar...
Y mataremos otros


Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 13:15
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Texte déjà passé, mais dessins inédits.

Et être heureux c'est aussi, quand où vous êtes au fond d'un trou, cuit et recuit,  ce moment intense où vous voyez ces mains se tendre vers vous (mais bon, je l'ai déjà dit ailleurs, je me répète). Moment inoubliable, éblouissant quand, proche d'un fatal basculement, l'amitié vient à votre secours.

Est heureux à jamais celui qui a connu ça, au moins une fois dans sa vie : le dévouement sincère et sans calcul des autres.

A eux, à vous, cette vidéo, comme un bonheur en pente douce.

Et merci encore à François pour ses liens sur FB.

 


Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 10:51
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Pipée ? Non, une finesse de courrier signé René Magritte à un critique d'art.

 

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 11:41
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Banni je suis. Exclu. Politiquement incorrect sans doute. J'ai pourtant tant donné, passé tant d'heures, partagé, applaudi, rouspété.  Une guerre, j'ai vécu. A feu, à sang, à boulets rouges. Guerre oubliée maintenant que ce n'est plus qu'un champ de ruines. Des amis, une communauté, un réseau, des fidélités, un tissage de liens, fait de clins d'œils, de connivences.  On se voyait de temps en temps. On se retrouvait là de temps à autre. La fidélité a fait que je devins premier. Ralala, les chevilles ! Moi, une fois dans ma vie, premier de quelque chose. Moi, l'homme sans qualités. Je peux vous le dire maintenant, c'est cool d'être un petit roi, un roitelet quand on n'a pas de qualités autres qu'être fidèle au poste.
La roue a tourné, je suis passé de premier hurluberlu à … 999 999 ème. Le dernier de la classe à pester contre les dérives des spammeurs, gagneurs de fric de tout crin qui gobent les visiteurs pour se dire influents.  Remarquez bien, qu'à la grande époque, une Home Page, c'était 1 500 à 2 000 visites. L'étendard de la francophonie des liens, francofolie (belge, du reste), l'ivresse des clics et des palabres à n'en plus finir sur les lobbies et les sombres influences. Et puis, en pionnier, Stagueve introduisit Twitter, donnant un super coup de pied dans la fourmilière dormante. Il porta le chapeau, heu...la casquette – qu'il a toujours du reste. C'est Attila, ce gars-là. L'herbe n'a jamais repoussé après. On a vivoté sur une sorte de banquise éparpillée en mille îlots en pensant à la belle époque. Le site, racheté par des ignares, fondit d'un réchauffement tiédasse qui vit apparaître les réseaux sociaux. Scoopeo, c'est l'Atlantide, continent mythique et englouti dont quelques vieux bourlingueurs du net se rappellent tel un mythe fondateur. Ou bien l'austère Machu Picchu dans sa hauteur énigmatique, sentinelle de l'inextricable Amazonie.
C'est comme un cimetière américain maintenant, avec son laconique alignement de tombes : Skullpat, Youyouk, J0ker, Soleilvert, Maniel, Hash, TshirtVIP, l'inaltérable reamonn, Malko, Stagueve, bien sûr, tout un tas d'autres gens perdus de vue (Coel). Nous nous sommes tant aimés.


Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 17:32
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Je vais peser mes mots. Pas avec une balance (vous avez dit balance?). Mais avec ma conscience. Les corbeaux, quand ils tiennent un fromage, commettent toujours la même imprudence de se faire avoir par le renard à l'affût. Affûté qu'il est, il a l'habitude de ce genre de sournoiserie nocturne. L'excès de sang le rend ivre. Mais il ne sait pas qu'on voit ses empreintes, qu'il a laissé son odeur, nauséabonde, brune. Sa trace, sa signature.
J'ai bivouaqué dans le désert blanc, en Libye ; Les fennecs rôdaient la nuit autour des tentes. Au matin, on voyait la foultitude de leurs petites empreintes dans le sable. Ils venaient chercher les restes de notre repas. Mais, quand il n'y avait rien à manger, vexés, ils rongeaient les lacets de nos chaussures de randonnée que nous retrouvions totalement émiettés, inutilisables. En une semaine, jamais nous ne vîmes aucun fennec pendant la journée. Seulement ses traces, comme mon renard. Vous savez, celui qui manipule si étrangement bien le corbeau.
Le fromage, au sens d'Esope ou de La Fontaine, est une délectation que les deux adorent. Pas pour le manger (vous voyez, vous, un renard déguster un Camembert ?) mais pour appâter. C'est – au sens lacanien – un signe,  un discours savamment découpé au scalpel fielleux de la haine froide, comme une formule magique qui endort littéralement. Appâter donc ce qui ne demande qu'à l'être. J'ai dit que je pèserai mes mots donc je n'irai pas plus loin. On est dans la stratosphère. Les mots ne pèsent donc plus rien. C'est tellement habile que vous êtes, d'avance jugé. Pré-jugé. A la louche, dont ce fameux frometon est moulé.
Du reste, notre corbeau, en haut d'un arbre perché. Cela voudrait-il dire qu'il a pignon sur rue ? Il est noir, pas beau, chante faux et se barre au moindre coup de vent. Coup de vent ? Odeur qui se trimbale. Et jusqu'où ? Vous l'avez deviné. La truffe du détrousseur de poules.
Ensuite : cascade. Repas festif. Tout le monde palabre autour d'un fromage un brin frelaté qui sent son braconnier des familles. Bref, c'est du Pagnol. L'espace de l'arène s'ouvre et c'est la corrida. Mise à mort. Facile facile. Enfantin même. Trop.  Le renard a gagné son quota de points Godwin. Il se repaît. Il a raflé la mise. La mise en scène surtout.
Le renard est affable (jeu de mots, hein...), il s'endort, ivre de son festin, enrubanné de sa gloriole familiale, rentré dans son clapier. Il a fait sa besogne, car c'est un besogneux. Un malin génie. Proportionnellement aussi con et inculte qu'il est rusé.


Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 20:27
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Entre hommage et désert

(lignes de fracture)

 


C'est fou comme les gens se ressemblent ; ils sont tous sympathiques en fait. A l'abord, fractals, dupliqués. On est environnés de sourires. C'est cocagne.
Je pensais ça, avant.
Plus maintenant.
Du coup, j'ai grandi, moi qui suis si naïf. Pof, coup de pied de l'âne.
Je suis fracturé entre mon rousseauisme béat, héritage hippie, maison bleue et un nihilisme guerrier comme une déclinologie de l'âme.
Chacun a ses raisons, comme le clamait Renoir, le cinéaste. La plus forte pente en général, la plus aisée, celle des propensions, des évidences, des alibis et des jugements hâtifs et plaisants. Chacun est le fruit de la structure qu'il a créée et dans laquelle il s'insère si bien.  (créée, 3 « e », ce mot est hors norme, étrange, attracteur) Dès qu'une plus forte pente s'offre : directe cascade. Ça fait de la mousse, ça impressionne, ça en jette, de l'eau. Son et lumière assurés. Ça semble couler de source. Ce n'est en fait qu'une résurgence de la justice mais qui vient d'un trou noir, d'une béance : la passion, de celle qui est de l'ordre du discours.  Discours de pouvoirs qui stratifie toute société.
Fin de parenthèse : les gens ne se ressemblent pas. Et c'est heureux. Car, comme des pépites de chocolat dans un cookie, il y a les Justes.
Peu importe les conséquences de leur action, même si leurs chemins ne semblent mener nulle part, leur inaltérable sens moral fait que tous les gens ne se ressemblent pas car il est assez difficile d'être à leur hauteur.


Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 17:47
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« J'aime l'âne si doux
Marchant le long des houx
Il prend garde aux abeilles
Et bouge ses oreilles. »

On t'enferme dans une pièce grise, ciel gris, il pleut. Tu es tout seul. J'ai toujours aimé les ânes  et on me fait lire ça pour faire un résumé comme si Google n'existait pas. On est en Corée du Nord ?
Donc, il faut que j'explique que l'âne secoue ses oreilles parce que les abeilles le font chier. Résumer une poésie, c'est pas poétique. Décor : pièce grise – qu'on prétend bleue – pleine de chaises vides et un âne. Et sans doute deux, aussi malheureux l'un que l'autre : ils ont les abeilles. Ils ont beau bouger les oreilles mais ces connes restent à le harceler.  Quelle idée d'avoir des oreilles si grandes aussi ! Alors là, comme un couillon d'âne, je reste sur ma chaise et je pense à ce qu'a voulu écrire Francis Jammes. Je macère. On m'a isolé. Ordre à personne de venir me parler. C'est que le travail est d'importance : étiqueter un poète. Que je vous explique mon sentiment. Les poètes sont la source même du langage (aussi bien les slammeurs, que les classiques), après on les suit plus ou moins pour faire courir la vie courante. Et moi, là, le cul entre deux chaises – oui, c'est très inconfortable d'être seul quand on ne l'a pas désiré – j'annône. Je tournicote les pages comme les enfants le font de leurs premiers livres, mon esprit navigue parmi tous ces bourricots colorés. Et l'heure ne tourne pas. J'ai le bourdon. M'aurait-on oublié ?  Me laisse-t-on là pour quelque pénitence ? Seul, en tête à tête avec mon âne, en apesanteur (sic). Le ciel et gris, les gouttelettes envahissent les vélux sur l'entremêlement morne des toits gris. Pourquoi marches-tu donc le long des houx ? Pourquoi es-tu si doux ? J'en pleure de cet âne. Il est si seul. Il est comme moi, marchant près des fossés d'un petit pas cassé. Il pleut de plus en plus, les gouttes collent aux vitres, les toits deviennent hostiles, lointains. J'ai la tête qui tourne, tourne. Que dois-je faire ? Pourquoi je suis ici avec un âne qui n'existe non seulement pas.  J'écris quoi ? Ben voilà messieurs dames, c'est l'histoire d'un âne. On ne m'a pas donné de droit qui semble élémentaire d'aller quérir une quelconque info sur internet, quelquefois que ça permettrait de m'échapper de cette pièce. On ne sait jamais. Ou communiquer. Communiquer ! Ben oui, ça me semble interdit dans l'état où je suis. Ma camisole mentale c'est mon âne. Et là, bouffée d'enfance, mes premières poésies remontent à la surface. Je l'avais apprise celle-là, en CP ou plutôt non, j'avais « oublié » de l'apprendre et, à l'époque, j'avais eu droit au bonnet d'âne. Lui qui pourtant est si doux, lui qui dans son étonnante absence m'a aidé à vivre deux des heures les plus inoubliables de ma vie, de celles où tout vous abandonne.


Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 18:00
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Le petit bonhomme en mousse

 

  

 

« Devenir le spectateur de sa propre vie permet d'échapper aux souffrances de la vie. » Oscar Wilde dont je conseille l'expo au Musée d'Orsay rénové (enfin rénové, c'est un gars de chez Carrefour qui a dû casser l'idée de Gaé Aulenti en mettant au fond du magasin comme un vulgaire rayon pinards, pêle-mêle les toiles impressionnistes agglutinées/jetées en 5 salles contiguës. C'est une ignominie faite à la peinture sous l'autel du tourisme de masse pressé). Une autre citation du dandy anglais : Aujourd'hui tout le monde est intelligent. On ne peut aller quelque part sans rencontrer des gens intelligents. C'est devenu un véritable fléau social. » On pourrait dire ça des gens sympathiques aussi. Cherchons l'excentrisme, le différent. Et on en vient à notre petit bonhomme qui va nous donner la pêche en dansant. Braver l'imbécillité du monde et avancer, comme le fera ce blog encore cette année dans le brouillard brouillon d'un navire qui dérive. « Dance party »donc, ces pépites de moments, ces petits bouts euphoriques de nous mêmes, ces petits Dionysos diablotins qui sautillent parce qu'ils sont vivants. Simplement vivants. Bonne année donc à tous les Mayas que nous sommes devenus.


Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 17:37
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Juillet : medley des années 90 a capella

 

 

Août : comment un chimpanzé réagit à des tours de magie

 

 

Septembre : une des pubs mémorables de l'année par Carlsberg.

 

 

Octobre : Un motard au gros cœur.

 

 

Novembre : Oskar, le chaton aveugle et son premier jouet

 

 

Décembre : La rencontre avec un ours. Joli sang froid.

 


Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 09:53
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