Fruit Ninja ( App Store) n'est pas un jeu pour chats,
mais matou s'y amuse autant que sur ces fameux Games For Cats où il faut poser la papatte sur une coccinelle, un papillon ou un poisson rouge. La fameuse tyrannie de cool vendue par Apple fait
que les jeux sont d'une simplicité lumineuse. A la poubelle les modes d'emploi de 100 pages style RPG pour les nuls, révolues les prises en main prises de tête avec des combos infaisables. Place
au geste simple, rapide, irréfléchi, inconséquent. La preuve, toute la famille peut jouer, même le chat !
Le chat est définitivement la star du net, cette post culture qui memetise à tour de bras le fétichisme du XXème siècle. Nyan Cat et Keyboard Cat en
emblèmes du vide jovial ambiant qui recycle dans un tapis de vidéos DIY et de gifs animés, sans parler des ribambelles de memes qui essaiment les forums. Planète bidouille, planète bidule où tout
est détournement de fond. On aime, on n'aime pas, c'est tout comme. Ce n'est pas fait pour ça. Post culture qui caresse le prosaïque et l'élégant tour à tour en matant la dérision d'un univers du
spectacle qui se nourrit de ses propres avatars.
C'est vrai que ce lieu fascinant ressemble à une prison. L'urbex est de mode, cette exploration de lieux urbains souvent en
déshérence (mais pas que). Ici, on nargue l'éphémère, juste avant démolition. Un royaume tchernobylien de taggueurs, un squat géant de grafs. Quand les léproseries se sont vidées, à la fin du
Moyen Age, Foucault disait qu'on avait utilisé cet immense espace laissé libre pour faire des asiles de fous. On a appris récemment que cette conjecture était totalement fausse, inventée de toute
pièce par Foucault. Fausse, mais brillante, tant elle exalte l'imagination. Comme sur cette vidéo où notre fabrique d'images galope derrière cette caméra fluide qui remplit ce lieu unique d'une
ivresse d'images inventées. On plonge dans cet immense terrain vague, palimpseste coloré, ruine post apocalyptique, vaisseau fantôme. C'est un fantasme. C'est fascinant comme un rêve
éveillé.
Un magasin de jouets, une atmosphère inquiétante et un des as de l'animation made in Pixar, Rodrigo Blaas, nous envoûte dans un court sophistiqué
et glaçant.
Après quelques essais infructueux, la bête va réussir ses tonneaux. Je dois dire que le gars qui pilote cet improbable engin est inconscient ou n'a
pas froid aux yeux. Une fois le coup pris, c'est un enchaînement immodéré de roulades sur des routes étroites. La fin de la vidéo nous montre la conception de la bête de cirque.
Un viral créatif signé Vodaphone qui va vous faire crier des "Haaa !" et des "Hooo !" par son inventivité. C'est bien troussé et ça se laisse regarder. C'est
à peine téléphoné. Juste à peine :)
C'est signé Google et c'est pourtant le canard boiteux des navigateurs (solitaires). On l'a perçu comme spartiate à côté du renard conquérant tout étoffé de
ses multiples add on.
Le web est un système tribal (comme on dit des villages montagnards afghans) où chacun a sa niche, sa zone où le droit canon est dit. C'est la guerre du feu.
Chaque village virtuel essaie de grapiller des terres d'influence à l'autre. Le but ? Sans fin : s'assurer la totalité du pays web à soi seul. Mais les clivages sous jacents ont la peau dure. Les
courtes traditions du web sont déjà aussi ancrées que si elles dataient du Haut Moyen Age. Alors, pensez que quand le grand manitou dees moteurs de recherche a voulu sa part de pétrole dans le
domaine des navigateurs, la messe était très loin d'être dite. On peut peser des tonnes d'un côté et n'être qu'une plume douceâtre de l'autre. Donc la gloriole du rouleau compresseur n'a pas
convaincu l'internaute de choisir son navigateur. D'où ces pubs en enfilade. Mais c'est triché. C'est comme tous les corniauds qui coursent l'iPhone.
A trop s'éparpiller, les empires s'enlisent. Bon, en attendant, ça nous fait de bien jolies pubs. Voilà où passe l'argent...
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