Bande annonce.
Chronique d'un panygérique annoncé
On trouvera ça un peu partout, à tous les horizons, ces estoquates sur une ex toquade. L'engouement a ses limites. Que dire de plus ? Cette bande annonce est estampillée Figaro, ça clarifie. On est donc dans l'épopée, la tapisserie de Bayeux, la propagande. Le cadre est donné, trop sans doute. Saute aux yeux dans cette bande annonce que les défauts du personnage sont caressés comme des qualités, que les seconds rôles sont trop peaufinés pour être vrais. Cette mise à distance qui se rapproche de trop est un discours amoureux. Une pochade. C'est à l'image du personnage dépeint à grands traits racoleurs : des grands traits racoleurs. La séduction est un aveu d'impuissance. Le charisme est un manque de séduction, justement. C'est un posthume trop grand pour un petit homme qui le narre de son vivant. On le juge sur le peu de distance et de vouloir voir ainsi trop près, la focale mentale ne se fait pas, hésite. Le clair devient flou. Vaticinent sur l'écran de fumée d'un film de commande tous ces héros que pacotille qui sentent trop leur Napoléon III. Je n'irai pas voir ce film, la bande annonce si peu finaude a déjà tout dit.
Angry Beards.
Infographie innovante.
L'évolution du monde en deux axes : l'espérance de vie et le salaire moyen
Une infographie didactique (pléonasme) de l'évolution du monde depuis 1 810, c'est à dire depuis l'éclosion du capitalisme. Cette mise en scène - même si le discours est en anglais - rend cette série statistique attrayante, voire fascinante. Teilhard de Chardin apprécierait : l'histoire semble avoir un sens en se dirigeant vers une homogénéité (la fameuse grosse flèche). Les "accidents", vus à cette échelle, semblent épiphénménaux, secondaires face à l'ascension massive des salaires et de la longévité. Auguste Comte aussi se régalerait d'un tel paradigme qui semble si évident, si clair, si jointoyé à sa notion de progrès linéaire.
Ceci, dit, au delà de l'habileté du procédé, cette vison simpliste de l'humanite, réduite à deux paramètres, montre tout de même l'émergence d'une classe moyenne partout dans le monde, avec un salaire confortable et une espérance de vie élevée. C'est simpliste, disais-je car totalement abstrait. Un cadre moyen chinois ou indien est difficilement comparable à un Américain. Ce n'est qu'une vision. Elle est vraie et elle est fausse tout à la fois, come toutes les visions.
Autres infographies :
Gapminder world.
Les naïfs négationnistes semblent croire en une vérité une et indivisible, il semblent croire qu’il y a une vérité de l’histoire qui serait écrite quelque part, une fois pour toutes, et qu’il s’agirait simplement de dénicher. Parce qu’en fait, ils nient le réel, au fond. C’est un peu comme les adorateurs des soucoupes volantes qui eux ne volent pas bien haut avec leurs litanies de témoignages hallucinés et dûment prouvés. Rien ni personne ne leur en fera démordre. C’est le syndrome des envahisseurs (la série). Alors, ils ressassent éternellement toutes ces questions sans réponses comme devant un accident on refait sans cesse l’histoire en ce disant « ce n’est pas vrai. Si seulement j’étais parti quelques secondes plus tôt, ça ne se serait pas produit. ».
On leur cacherait la divine réalité vraie : en l’occurrence ce rapport qui éviterait d’ébruiter de fâcheux secrets. Ils cherchent le monstre dans l’armoire de leur enfance. Ils cherchent, en dévissant les garnitures du coffre fort, à en forcer l’entrée. Ce sont des chevaliers blancs qui attendent le règne du divin. Il doit y a voir UNE explication autre, sous le lacis des mensonges. Et le fait est que leur pseudo questionnement tient en mille arguties, en mille subtilités finement analysées, finement mascérees. Quelle candeur, au fond. Ce sont des exégètes qui attendent le messie proférant le sage parole.
Comme si, en cette affaire, il y avait une vérité autre…une sombre machination tectonique, souterraine, rampante, vicieuse : un ordre hyper calculateur qui maîtriserait le monde et ses accidents.
Et leur messie, ils l’on trouve. En France, c’est Bigard, porte drapeau de la justice citoyenne et qui, avec son bon sens plein le slip, vitupère, livre biblique en main, tel un ayatollah de pacotille à Hyde Parc Corner. Il met toute sa gouailleuse misère populiste au service de cette chanson de geste : le 11 septembre cache le 10 où se sont ourdies, dans l’ombre, de sinistres alliances entre des filous de tous bords télécommandées par un Satan doué d’une force de prédiction et d’une ubiquités inouies.
C’est quand même faussement rationnel, tout ça : ça cache quelque chose.
Une vidéo élégante pour un contexte qui l'est moins, comme quoi le malheur des uns fait la beauté des autres (voir les spots "papier glacé" d'Amnesty International ou de Reporters sans frontières). La Terre, ici modélisée, façon réalité augmentée, s'ensevelit progresivement sous une couette de nuages qui la réchauffent. Le décompte inexorable avant un effet de percolation, c'est-à-dire un seuil d'irréversibilité.
Plus un événement global se produit rapidement, plus il se rapproche de l'accident. Or, par nature, un accident est local. Quand il survient, la globalité de ce qui l'entoure en afface les traces. Mais un accident général est chose rare, c'est un mortel oxymore. La Terre en a peu connu qui a subi des variations sur le long terme.
Merci à Erwan de beware-blog pour cette trouvaille.