"L'homme est l'être dont l'apparition fait qu'un monde existe."
Jean Paul Sartre.
"L'homme est l'être dont l'apparition fait qu'un monde existe."
Jean Paul Sartre.
« Pavese écrit quelque part : « Toute erreur est initiale. » J'hésite entre deux interprétations : l'optimiste, selon laquelle, on ne se tromperait qu'au début (de quoi?) et la réaliste, selon laquelle, chaque fois qu'on se trompe, fut-ce loin du début, voire près de la fin, on inaugure un nouveau train d'erreurs, dont chacune est « initiale » pour toutes les suivantes. »
Gérard Genette.
Apostille. (Seuil)
Manet, toujours, et ce superbe passage de Sollers dans « L'éclaircie »
« Un tel bouquet agit immédiatement sur ses environs. La rue monte vers lui, la Seine coule dans sa direction, les murs
l'écoutent, la cheminée devient un autel. L'éventail fermé est un livre à lire. Etre présent dans une chambre où se trouve ce tableau, c'est changer d'yeux, de poumons, de nez, de mains, de
jambes. Les violettes ont un parfum de vin, elles viennent du corsage de la destinataire. Une femme en fleur surgit de la nuit. »
Berthe Morisot au
bouquet de violettes (Orsay)
"Nul homme n'est juste au point que l'épreuve de l'égarement lui soit épargnée. En cela consiste la tentation proprement dite, "la tentation de la tribulation", qui fait que l'homme devient une question pour lui-même."
Martin Heidegger
Phénoménologie de la vie religieuse.
Gallimard.
« Le soubassement de l’identité d’un pays, ce serait l’ensemble de toutes ces dormances, et la possibilité, à travers elles, d’une infinité de résurgences : jamais ce qui coule d’une unique source qui aurait valeur d’origine et de garantie, mais ce qui s’étoile au sein d’un système complexe de fuites et de pannes par l’entremise duquel le passé se délivre, comme passé, à même la texture du présent, un seul fil tiré ayant le pouvoir d’en faire réagir quantité d’autres, selon une logique de réseau constamment agrandie et modifiée. »
Jean Christophe Bailly
Le Dépaysement. p48
(voyages en France)
Seuil.
Prix Décembre 2012.
Il y aurait mille autres phrases à citer dans cette déambulation française d'une richesse de style et d'une érudition captivantes.
« Je préfère les natures humaines qui ressemblent aux lacs gelés à celles qui ressemblent aux marais. Les premiers sont durs et froids en surface mais profonds, tourmentés et vivants en dessous. Les seconds sont doux et spongieux d’apparence mais leur fond est inerte et imperméable. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie - Gallimard. p60
« Le présent, j’ai toujours trouvé ça inutile. Inutile et sans prises, comme la quête du bonheur, les jupes, les habits sans poches et
aussi le parfum. »
Lauren Malka.
"...rien à exprimer, rien avec quoi exprimer, rien à partir de quoi exprimer, aucun pouvoir d'exprimer, aucun désir d'exprimer, et, tout à la fois, l'obligation d'exprimer."
Tous les Américains sont dotés d'une arme, ce qui est la sagesse même quand on sait que tous les Américains sont dotés d'une arme.
L'autofictif. Eric Chevillard.
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