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vincentdidier

La prochaine vie de Woody Allen

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La vie est un roman, découpé en chapitres, dont on subodore la fin, mais dont on ignore le nombre de pages. Les pages se tournent et prennent racine dans l’épaisseur des précédentes, les mots devenant de plus en plus familiers et vides de leur sens premier aussi. Des mots d’occasion qui tissent l’occasionnel, la succession de tous nos éphémères moments que nous relions ainsi.

Chacun sa vie, chacun son titre, son nombre de pages, son entrecroisement de personnages, sa narration. Chacun son langage intérieur. Son style.

La vie rêvée de Woody Allen est inversée, à contre courant. Au lieu d’être un vaste naufrage vers la vieillesse solitaire, c’est une dérive vers un nirvana sans conscience. Cela me rappelle le roman (justement) « Des fleurs pour Algernon ». Toute vie y est pareille, passant du pur abstrait d’une non pensée pour arriver à un ignoble retour à l’origine où toute pensée n’est plus.

« Vieillir » : c’est le titre d’un chapitre quelque part dans le livre. Ou bien c’en est le titre. Un livre rhapsodique qui énumère tous les stratagèmes qu’on a à refuser ce vieillissement, cet anéantissement.

Chacun le découpe comme il l’entend : qui par décennie, qui par rencontres importantes, qui par évènement…Certains chapitres sont difficiles à écrire, d’autres, par trop simples, d’autres encore réclament une réécriture permanente à l’aune de ce qui arrive ensuite. Beaucoup d’événement accidentels ou qui paraissent dus au hasard ne peuvent se réinterpréter que par la façon que nous avons eue de les intégrer (ou de les désintégrer).

C’est banal, tout ce que j’écris là, comme cette vie rêvée de Woody Allen où tout serait programmé en une courbe limpide et insipide vers un état de bonheur radieux.

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