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vincentdidier

Les sphères laissent faire.

J’ai une vision spatiale de pas mal de choses.
Tenez, par exemple, la philosophie. Pour moi, la vie se situe dans le grouillement d’un immeuble abyssal de milliers d’étages. On ne voit pas le sol ni le toit. On ne sait pas à quel étage on est. On sait seulement qu’on en change de temps en temps.  Eh bien, philosopher, c’est ouvrir une fenêtre, se pencher au maximum de ce qu’on peut et  regarder l’immeuble de l’extérieur. Mais, plus on se penche, plus on a le vertige, le risque de tomber. Cette position précaire, si elle apporte une certaine ivresse et une montée d’adrénaline métaphysique, ne peut durer. Vite, on rentre et on essaie de se rappeler les sensations éprouvées lors de la « sortie ».
Autre exemple : mon cerveau. Je le vois comme un étagement de balcons. On va sur un balcon, on voit l’autre, mais on n’y est pas. Je réfléchis, par exemple à un problème de maths, je suis sur un balcon. Je pense à une bonne bière fraîche, j’en change…de balcon. Tous ces balcons existent en même temps, ils me constituent, mais je n’en occupe qu’un seul à la fois. Je pense, je ris, je parle, j’aime, j’admire ou je rêve sont autant de postures, de points de vues qui donnent aussi bien sur l’extérieur qu’en moi-même. Ce ne sont même que des balcons, pas de pièces à l’intérieur. Comme un dessin de Escher si vous voulez.
Ce sont mes visions spatiales. Tout ce qui n’est pas spatial ou même allergique à l’espace peut se représenter : le temps, les sentiments, la musique etc… Que cela ne ressemble en rien à l’idée, au concept, je m’en moque : j’ai une vision. Remarquez qu’elle peut évoluer, se métamorphoser, changer du tout au tout.
J’aurais pu comparer la philosophie à un plongeur dans l’océan ou une mouche sur un TGV. J’aurais pu comparer notre fonctionnement cérébral à une encyclopédie en plusieurs tomes, poussière comprise, à l’ensemble des fonctionnalités d’une voiture. Je ne manque pas de ressources. Le but de mes comparaisons n’est pas d’expliquer, ni même de se représenter. Non. C’est de prendre l’objet de mes pensées comme un Rubik’s cube (tiens, encore une comparaison) et de le triturer, non pas pour obtenir la figure idéale des six faces d’une même couleur, mais pour triturer les possibles. Inventer une pensée.
J’ai déjà oublié mes premières représentations spatiales. J’en ai d’autres. Meilleures ? Moins bonnes ? Vous l’avez compris, je m’en moque pourvu  que quelques idées en jaillissent.
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