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vincentdidier

Court lettrage.

Je me rends compte que j’écris des textes de plus en plus courts. La flemme olympique. De moins en moins de phrases surgissent sous mon clavier, de moins en moins de touches. Vous allez respirer. Le laconisme me guette, voire le lacanisme ou peut-être même le lacunisme. Mon stock d’ingrédients va s’amenuisant, les fonds marins de mes idées se vident. Les phrases et les textes s’essoufflent. Mon lac Baïkal à moi va s’étendre comme un mouchoir de poche sur quelques maigrelettes petites lignes. J’ai beau compenser en agrandissant les polices, juste pour faire illusion, c’est devenu un lac de désolation. Dans quelques semaines vous ne verrez plus que quelques petites phrases rachitiques, d’un vocabulaire étique, lovées dans un marigot de manque d’idées. Saumâtre. Et puis dans quelques autres sans doute : une phrase, toute seule. Banale. Cruellement banale de sa solitude. Même pas un aphorisme, une citation universelle ou marrante. Non. Et puis après : un mot. Le fameux mot du jour, même pas choisi : un mélange de lettres comme une voiture seule au milieu d’un parking de supermarché vide un dimanche après midi. Le dernier des mots y campe. Remarquez que c’est beau un mot. Une page toute blanche avec au milieu le mot : « solitude ». Mais ce mot là n’est jamais seul. Le mot n’est pas la chose. Et je finirai avec une lettre, une sorte de calligraphie. Toute seule. Laquelle choisir pour être pertinent ? N’importe, elles le sont toutes. Vous vous demanderez alors pourquoi j’ai choisi celle-là plutôt que telle autre. Quelle immense richesse intérieure se cachera sous ce signe zen. Et tous les jours vous reviendrez voir quelle lettre j’ai mis sur mon blog afin de sonder mes profondeurs. Et au bout du compte, il n’y aura plus rien. Un vide. Le néant. Je serai parti.
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