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vincentdidier

Lettre morte.

Je suis un grand aqueduc au-dessus de l’océan. Je sais que je suis une résurgence de l’être. Au-dessous, je suppose que c’est le fleuve Léthé, l’oubli.
Je sens que je vais encore vous raser avec mes propos éthérés. Vous slalomez entre mes textes pour vous marrer de vidéos, de curiosités, de trucs glanés un peu partout. Ces mots sont comme des SDF assis par terre avec une petite écuelle. Beaucoup d’indifférents, de non voyants ; va et viens incessants devant ces phrases inertes, mal rasées, écorchées et qui ont du mal à cacher leur misère. Elles sont pourtant l’authentique cri de ce blog : celui de l’affreux oubli de l’être par nos précipitations, nos piétinements. L’image du mendiant que personne, hormis quelques vieilles dames, ne voit, me convient. Celle de la grande bibliothèque désertée également. Ces milliers d’ouvrages mystérieusement alignés en des parfums boisés, alors qu’au dehors règne le diffus chaos de nos bruyantes vies.
Mon texte est garé là. Regardez l’environnement. Vidéos, photos, sites, couleurs. « La critique de la raison pure » au milieu d’une fête foraine le jour de Noël. Un aqueduc au-dessus de l’océan. Les poissons n’en n’ont rien à faire. Je passe ma vie à écrire des lettres volées que tout le monde voit mais que personne ne lit. C’est bien vu. Et c’est ça l’oubli. Ce fameux oubli par lequel nous sommes de ce monde.
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