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vincentdidier

Tout.

Tout ce qui est caché et que vous ne voyez pas, tout ce dont vous ne souçonnez pas l'existence. Tous les gens qui ont vécu avant vous et qui ne vous ont jamais connu. Tous ces livres que vous ne lirez jamais, tous ces films que vous ne verrez jamais, les pays inconnus, les milliards d'étrangers dans vos rues. Toutes ces cellules qui vous constituent et que vous ignorez. Tous ces jours que vous avez passé depuis votre naissance : oubliés, méconnus, dépassés. Tous ces jours devant vous que vous ne connaîtrez avec votre savoir de maintenant. Tout ce présent qui s'égare de multiples sensations, perceptions, appréhensions, pensées plus ou moins obscures.

Tout ce que font les gens au même moment en un incroyable chaos. Tout ce que cachent les murs et les horizons. Tout ce que cache votre visage et qui n'existe seulement pas. Tous ces secrets, toutes ces ignorances. Tout ce vide de pensée que cachent vos certitudes. Tous ces gens si sympathiques qui vous effleurent méthodiquement pour ne laisser qu'un parfum futile dans vos rêves. Tout ce lacis de névroses aux contours indéfinis qui manipulent vos gestes. Tout ce que vous croyez être votre votre méconnaissance. Tout ce qui est montré et que vous ne voyez pas.

Vous évitez de trop savoir et pourtant vous vous dites curieux de tout. Vous parcourez les journaux, le magazines, les théâtres et les cinémas, la nouveauté, les poussières du temps. Vous affirmez vos goûts, vos haines, vos amours. Vous choisissez, tranchez, jugez, prenez à chaque instant des tonnes de décisions de sagesse variable.

Toute votre ignorance vous sert de radeau de survie. Vos lacunes sont vos savoirs. Vos habituels étonnements sont vos bandeaux. Vos pensées, des opinions. Vos lectures de l'information superficielles, comme s'il s'agissait de toujours apprendre à lire sur un banc d'école.

Vous passez votre vie à vous entraîner, comme s'il y avait une autre vie après ça. A vous palper les antennes. A scruter les étoiles. A avancer, lutter, regretter vos ancêtres.

Moi, tout m'indiffère. Je passe. Je sais qu'il n'y a rien et que donc, jamais, il n'y aura rien de plus.

Nous sommes des bulles inertes. Des monades. Des fourmis ivres.

Je dors.

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