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vincentdidier

Profession : moi.

On fait quelque chose de bien, son travail, ou a peu près ; pour le reste, on a de vagues opinions, des certitudes ineptes, basées sur l'induction. Un métier vous constelle le cerveau de savoirs faire : votre intelligence, vos habitudes, vos apprentissages sont le fleuron de votre personnalité. Son absence déstructure, désorganise votre socialité : vous êtes un amas de branches sans tronc. On peut faire n'importe quel métier. Même un grand peintre, un grand musicien, un grand homme auraient pu être mille autres hommes. Même Hitler. Quoique dictateur ne fusse pas un métier. Bébé Hitler, j'ai vu cette photo récemment dans un journal. Quel sens lui donner ? Ce chérubin n'était pas prédisposé à courber de la sorte le sens de l'histoire vers la monstruosité. Comme nous tous. Aucune décision globale ne nous revient de ce que nous sommes devenus.

Ce que nous savons faire le mieux nous définit aussi bien que notre nom et notre prénom : c'est du local. J'aurais pu m'appeler autrement, faire autre chose, être quelqu'un d'autre.

Hitler aussi, je suppose, aurait pu être un mauvais peintre, un fermier, un homme paisible. Aurais-je pu devenir Hitler ? Par manque de courage, sans doute. On est tous des bons fascistes par nos vétustés, nos peurs, nos intimités. Quand à mes opinions, elles mecollent à la peau, mais quand je réfléchis bien, elles sont toutes par trop naïves, donc fausses : ce sont des réactions primaires formulées sur le tas ou, pire, ressassées.

Je suis souvent étonné de voir ce que deviennent mes anciens élèves, ce que l'histoire à faits d'eux, leurs métiers, leur être global s'organisant autour de ce fétiche social. On n'est prédisposés à rien : l'environnement, l'histoire et la morphologie font tout. Un géant peut être pianiste, un nain, conducteur de grue, un chevelu, coiffeur ou un chauve président de la république. On est polyvalents, multitaches à la naissance.

On se laisse bercer du flot de notre histoire. Les grandes décisions ne sont jamais de notre sort. Nous sentons le vent et naviguons en fonction : nous n'avons pas choisi le bateau, l'équipage, la voilure, le port d'attache, la cartographie...

Et pourtant...si c'était à refaire...

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