Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

vincentdidier

Déraillement

Je déraille. Plus ça va, moins ce que j'écris a de sens. Je vais finir par écrire pour ne rien dire. C'est insensé. Moi qui au départ avait tant à vous dire, sinon, pourquoi ce blog (?) me retrouve au beau milieu d'une plaine morne d'absence de soi. Le nihilisme littéral. Car quand je dis par exemple que rien n'a de sens, cela en a un. Donc j'aurais pu n'écrire qu'une phrase et m'arrêter là. Et vous seriez venus tous les jours de plus en plus nombreux lire cette phrase unique et indéboulonnable : "Rien n'a de sens.".

Rien n'a des sens, sauf les trains qui en ont deux. Arrivés à un bout, ils repartent vers l'autre. Je déraille ? La navette va. Très Grande Vacuité. Et vous contuinuez à scruter ces lignes comme des niais en sachant bien qu'elles n'en n'ont pas, de sens. C'est le train train. La routine, la petite route. Déroute.

Et plus ça va aller, moins je vais vous en dire tout en mettant de plus en plus de mots. Mon discours va se délayer, prendre du délai en un songe creux. La quotidienneté est bien trop prégnante pour que vous fassiez vos courses chez moi.

Je ne vends rien que du désespoir : c'est désespérant. Et la misanthropie, et la misogynie et tout un tas de fredaines caduques et souvent inutiles. Rien de ce que j'écris ne peut avoir de sens. Faites vos courses, bouffez, consommez du culturel, baisez, reposez-vous, travaillez. Il n'en restera de toute façon rien de sensé aussi. C'est notre point commun.

Mis à part que le confort, c'est sérieux. Si j'écris la vacuité, c'est qu'il fait chaud et que j'ai mangé...Oui mais on se dit qu'il ne faut pas s'arrêtre là. C'est animal. Et oui ! L'humain est insensé. Quand il a mangé, il consomme de l'art pour après en parler lors des repas. Ou passer le temps, ce qui est déjà moins con.

Donc, j'écris pour ces gens là qui n'ont plus ça à faire que me lire : des désoeuvrés. Des-oeuvrés. Pas d'oeuvre. Rien. Ils ont perdu le sens comme moi. Merci. On est faits pour ne jamais se rencontrer : c'est mon désespoir. Ma force. Plus on cherche à évacuer les trop pleins trop sensés des quotidiennetés, moins on a de chance d'échapper à l'isolement.

Et maintenant que je suis seul, je vais dire un truc important : je vais bouffer, me faire une toile, un digestif, me coucher, rêver, me révéiller, pisser, me plaindre du monde, bosser, dire plein de trucs toute la sainte journée...et demain spoir...promis....je vais...de nouveau....dérailler....mais chut......

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article