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vincentdidier

Voie sans issue de secours.

Ce matin, ça ne va pas. Cela ne va pas ce matin. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? L’intarissable réel m’assaille toujours autant de plein fouet…et je m’inclus dans le réel dans la mesure où je fais et je dis un tas de choses que je ne comprends ni ne maîtrise. L’absence est encore plus agressive. Je suis un totalitariste : je voudrais que tout l’univers soit en moi-même, je veux être plus grand que lui, plus intelligent que moi-même. C’est vain. C’est vain mais ça bouffe, ça mine, ça ronge. Entre être soi-même ou toute chose, il faut choisir. Et j’hésite sans cesse. Aucune solution intelligible en vue à mon trouble d’identité. Et aucune à venir. Je suis désespéré de mon propre désespoir. Ce ne sont pas les quelques gouttes de joie éparses qui suffiront à cacher mon mal être. C’est ontologique et mes joies ne sont qu’accidentelles. Eh oui, que voulez-vous : je suis un pessimiste, doublé d’un nihiliste du moi. Un ego creux, sans cervelle. Meuh ! La seule ressource reste l’écriture et ce désir farouche de n’être compris de personne. Un grand monument au milieu d’une plaine, une cathédrale de la douleur, un môle d’incertitudes et d’aigreurs, mais aux portes closes. Visiteurs, n’admirez que la façade décrépite de mes tristesses. Et puis allez vous en. La crypte ne se visite pas. Dédale en son labyrinthe. Donc, ça ne va pas et ça n’est pas près d’aller. Je veux accommoder le monde à mes désirs. Donc, comme cela ne marche pas, je fuis le monde. Je joue à cache-cache dans la forêt de tout ce que j’ai raté ou bien si vous voulez, comme les Dupondt, j’erre dans le désert redécouvrant sans cesse mes propres traces. Monade leibnizienne. Mon intelligence est dissociée de mes passions, n’arrive pas à les encercler, à les maîtriser. Ou par intermittence. La voie de la sagesse est décidément un chemin totalement inaccessible dans un labyrinthe touffu, inextricable, nocturne et insensé. Car, mène-t-elle seulement quelque part où l’on serait encore soi-même, déséquilibre perpétuel de conflits. Une fois qu’on a atteint la sagesse, on n’est plus soi-même. On n’est plus rien. Cela me console.
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