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vincentdidier

Même pas peur.

Un mur immense avec des ciselures partout sous un gigantesque ciel bleu, uni. Devant, une porte très nette, rouge bordeaux. Je ne distingue pas le haut du mur. Le bleu du ciel semble se rapprocher peu à peu en un sentiment de flottement. Un petit avion rouge zigue zague sans aucun bruit et ombre le mur ocre d'une mouche qui révèle les minuscules anfractuosités. Je décide de l?escalader pour voir. Le temps que je mets s'étire et bientôt je suis si haut que je n'arrive plus à distinguer le sol sablonneux caressé d'un doux vent. L'avion revient en longeant cette falaise, au-dessous de moi. J'escalade toujours. Des heures agrippé à ce seul flanc. Un trou !!! Une ouverture. Ce mur n'a pas d?épaisseur. Je vois de l?autre côté : c'est tout gris et froid. Un immense avion passe d?un énorme bourdonnement. Je saute sur son aile et avance péniblement dans un assourdissant vacarme.
Je glisse. Je tombe maintenant dans ces cendres grises et fraîches, longeant le mur terreux. L'avion s'éloigne poussivement. Un autre lui succède, le même, gros porteur. Juste au-dessus de moi. J'atterris en douceur dans une sorte de gare de triage immense où passent sans cesse de gigantesques trains. C'est un décor industriel de fumées à perte de vue.
Je passe sous un train et vois un quai tout minuscule envahi d'individus monstrueux mais complètement insensibles à ma présence. Des échos de chants que je suppose nazis résonnent comme une radio lointaine et éthérée. La terre tremble mollement et s'ouvre en un gigantesque espace. Les trains s'y engouffrent dans un noir encreux.
Plus rien. Silence. Plus que ce liquide noir, goudron. Les brumes éparses. Les tuyaux semblent serpenter, entremêlés. Ils n'en finissent pas. Je marche dessus précautionneusement, sautant de l'un à l'autre par instants.
Un homme m'appelle.
Putain, je me retrouve dans mon lit. Il est sept heures. Je vais prendre mon petit déjeuner. Dans un instant j'aurai tout oublié.
Mes rêves sont mes vies antérieures. Mes vies antérieures sont mes vies intérieures. Mes univers parallèles sont moi-même. Mes moi sont tous différemment les mêmes. Ma fiction est réelle. Mes rêves ont la même valeur neuronique que mes pensées. L'individu est ce qui reste quand il a tout oublié.
Oubliez vos rêves, vous deviendrez poètes.
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