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vincentdidier

philou

 
Des pensées sans compter.
 
 
On peut effectivement réduire le monde à une simple phénoménologie et se dire qu’on est le seul à exister. Mais c’est épuisant. De toutes les façons, c’est épuisant de penser. Descartes écrivait qu’il ne consacrait que quelques heures par an à la philosophie. Nos machineries lourdes sont impuissantes à être de purs esprits. Quoi que je ne sache pas qu’un pur esprit existât si ce n’est en pensée, justement. Aristote avait déjà mis en évidence que toute pensée ne naît que du désoeuvrement : tout rassasié.
Donc d’un bout à l’autre, ce sera épuisant : d’être, de penser. Ce sont nos deux extrêmes. Rien au-delà, et c’est le cas de le dire. Donc, la phénoménologie : toute conscience n’est que conscience de ses perceptions. L’ailleurs n’existe que par pur imaginaire. Les lignes que vous avez sous le nez sont réelles, l’être aimé auquel vous pensez n’est pas.
Cherchez l’abbé Berkeley sur un moteur de recherche. Documentez-vous. C’était un évêque qui niait le réel. Rien n’existe hors mon être immédiat. C’est peu et c’est énorme.
Cette femme nue, en dessous, vous la voyez. Et pourtant ce n’est qu’un assemblage de signes.
Je change une ligne et tout rebascule. Notre cerveau travaille à la cohérence. Il ne pense quasiment jamais. C’est trop épuisant. Redoutable même.
Les profs de philo ne savent plus ce qu’ils enseignent. A trop mâcher le chewing-gum, il n’a plus de goût. Ce sont leurs mâchoires de ruminants de cartons bouillis d’idées qui sont musclées. Rien de plus.
Penser c’est se dépenser. Alain ressassait cette maxime : « La fonction de penser ne se délègue point. ». Le monde existe par delà toute pensée : il est un assemblage de phénomènes dont la cohérence réside dans notre histoire, c’est-à-dire notre vieillissement.
C’est donc une tâche infinie qui frise la débilité la philosophie. Au-delà de ce que vous pensez, il n’y a plus rien. La pensée n’est pas l’être. Aucun des deux ne se retrouvera jamais en un lieu commun.
La pensée est justement hors du commun : elle est rare. L’être est prolixe mais insaisissable sans ces pépites clairvoyantes qui réfléchissent la lumière obscure de l’esprit.
Peut-être l’art a-t-il un avenir. Sait-on jamais ?
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