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vincentdidier

La peine

 
Antienne de télévision.
 
J'ouvre mon yahoo. Je vois la tronche à Le Pen. Et au dessous ce titre : « Un quart des Français se disent « d'accord » avec ses idées. »
Déjà ce ne sont pas des idées, mais des opinions, doxa, en grec. Un ramassis d'inductions frelatées. Du nauséabond rassis. Du naze. Des élucubrations qui ont tout sauf à voir avec des idées. Un marigot haineux.
Dans le paragraphe ci-dessus, il n'y a pas la moindre idée. Ben voilà, c'est tout comme le discours de l'extrême droite. Pipo. C'est : éteignez la lumière, éteignez les Lumières que mes sentiments diffus transcendent ma raison.
Les idées sont par essence universelles et intemporelles.
Mr Le Pen n'a pas d'idée, mais un discours.
Il dit le racisme, il dit le populisme, il dit le fumeux Occident, il dit la répression, il dit ce qu'il croit être la Nation. Il dit, c'est un euphémisme. Il aboie.
Or on n'aboie pas des idées. Je suis un idéaliste, peut-être.
On ne peut pas être d'accord avec Le Pen et penser. C'est contradictoire.
Donc, je pense que ces 25 pour cent sont des réactifs primaires. On l'est tous par beaucoup de moments. Notre vie quotidienne n'est que de cette eau. Personne ne s'appelle Gandhi.
Je conçois que cet hybride entre le vécu et le monde des idées ne soit pas un problème simple à aborder.
Me promenant à Montfermeil, je me dis qu'il faut être bien fou pour habiter là. Ma voiture a brûlé et j'en veux au moindre jeune qui va squatter mon hall d'immeuble. Nos prisons sont pleines de noirs et autres gens de couleur.
L'électorat de Mr Le Pen est essentiellement provincial et rural. Les plus forts taux de l'extrême droite chez moi s'enregistrent dans les plus petits hameaux.
Je comprends que, ne pensant pas, on s'aveugle d?images de violence trop banalisée par les médias. L'un engraisse et conforte l'autre. Et internet est aussi un méchoui qui nous fait perdre sens critique par le trop plein trop rapide d'infos trop visualisées.
Raccourcis de l'exacerbation de sentiments primaires. Manque d'analyse. Cohérence d'une entreprise de durcissement du discours nationaliste, orchestration médiatique des faits divers.
Actuellement, les gens passent plus de temps devant leur télé que dans la rue. Le jugement est vite empaqueté.
Il y a urgence. Ce ne sont pas trois gamins de quinze ans qui agressent un bus, ou des bandes banlieusardes éparses qui vont ébranler la démocratie. La reprise en compte de ces quelques évènements esbaudit le quidam dans ses réactions primaires.
Moi aussi je réagis souvent de cette manière. Je regrette de m'être emporté. Contrit. Et la première réaction de tout homme est la même. Nous sommes des êtres biologiques avant d'être culturels, des individus tribaux avant d'être des citoyens.
La clé est là.
Après une réaction simpliste, je m'assois et je réfléchis, je discute, j'arrête de vociférer. La pensée ne vient que du calme de ma conscience. Et elle est universelle.
Je conseillerai bien à ces quelques millions de réactifs primaires d'éteindre un mois leur téléviseur et de lire calmement quelques bons livres : Montaigne, Rousseau, Montesquieu.
Et au prochain prince de bien comprendre Machiavel.
 
 
 
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