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vincentdidier

money n'allez pas sur leur sire bigidea.tv vous y passeriez la nuit...

 
 

Le type a vu les dominos. Il a fait les pièces. Le procédé semble être le même. Dans les deux cas il y faut une sacrée préméditation et une abnégation quasi divine. Et encore, je ne sais pas si Dieu était aussi patient que ces mecs.

L’ode à l’onde, le déferlement minutieux, l’épanouissement de la chute. On avait déjà vu ce genre de chose, à petite échelle, dans « Les bronzés font du ski ». On a tous un jour généré une chute en cascade : un carambolage linéaire d’objets identiques et alignés.

Accidentellement, la suite est courte, sauf en temps de brouillard sur les autoroutes. Mais, scénarisée, elle peut friser l’ennui de l’infini.

Les compétitions de chutes de dominos sont marrantes 5 minutes. On se lasse vite de cette mini-vague trop prévisible.

Les pièces ? Il a dû thésauriser un bout de temps. Et alors, essayez donc d’aligner 3 pièves, vous qui êtes si malins…si….si… forcément, vu que vous me lisez. Le type a dû fait mille et mille essais avant son chef d’œuvre.

Avant la caméra, c’était impossible car sans intérêt : c’est fait pour être vu. D’où aussi les procédés très affinés de filmage. Les procédures en cas de non déclenchement ou d’accident.

Bon, on voit bien le mec passer son mois de juillet de canicule à 4 pattes à aligner des pièces, faire des calculs, des essais parallèles, marcher sur la pointe des pieds dans son appartement. Et ne pas dormir en cas de…de…tremblement de terre, tout bêtement !!!

Ensuite, ça déroule. La pichenette originelle et la gravité fait son job. Le monde c’est ça. Un déroulement préétabli, diront certains, une succession de pièces ou de dominos qui suivent un circuit dessiné à l’avance. L’accident n’est pas grave, il suffit de réinitialiser à l’endroit du blocage.

Mais le monde, c’est pas ça ! Certes c’est comme une onde insaisissable, l’instant présent. Mais aucun mec n’a tracé de parcours.

On peut donner à nos enfants l’image des générations qui se suivent. Chaque pièce représente un individu. On a une échelle, c’est tout. Certains sont mieux placées que d’autres. Je plains celles qui montent les côtes. Celles qui côtoient leurs copines d’autres générations, mortes, inertes.

Il faut tout ramasser à la fin. Ce micro-monde si lent à élaborer est une flamme brève. Tout ça pour ça !

Non, direz-vous, on a le film. C’était peut-être le seul but. Que pensez-vous de l’acharnement de notre époque à tout filmer, photographier, diffuser, archiver.

On a peur de quoi ?

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