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vincentdidier

Blogue

Pas facile d’écrire sans être lassant. Je me demande comment font les bloguistes pour durer : on finit toujours par n’être que soi-même. Les personnalités foisonnantes et riches des grands auteurs sont rares. A moins que de connaître la personne, on s’ennuie vite à le lire. D’où cette immensité plate de blogs décalqués du quotidien ou bien ces mauvaises rééditions de dissertations de terminale. Les anecdotes, souvenirs, élucubrations, découvertes, critiques, poésies s’exhibent sur des milliers de kilomètres de linéaires ; Photos, dessins, BD, collections, galimatias vidéo mille fois copié, tartines de groupes mille fois vus et revus. Mais bon, on ne va pas gémir, vilipender nos congénères, d’autant plus que je fais exactement la même chose ici. Miroir, mon beau miroir.
Et on se croit tous de géniaux géniteurs de textes, de fabuleux galeristes, des bateleurs hors pair. C’est difficile à lire sans se lasser. Une histoire ça va. Deux, c’est déjà moins intéressant . A la lecture de la chose, on cale vite : on a l’impression d’être un correcteur de copies du bac. Les histoires drôles ont leurs sites. Les énigmes ont leurs sites. Les listes ont leurs sites. Les sites ont leurs sites (ça ne veut rien dire ça !NDLR). BLOG : Beau Langage Orrible et Gras.
Bouh ! Que je suis vilain de cracher sur les copains. D’autant que je fais bien partie du lot : écrits souvent inégaux, mal foutus et assez lassants, en fin de compte, le mot est lâché. Je sens qu’on va encore partir fâchés. L’extension du net, comme une mauvaise herbe folle, ces milliers de claviers qui clapotent quotidiennement créent un majestueux embouteillage de soupe tiédasse. La boulimie expressive doit révéler une quelconque rareté. Il faut la chercher. De talent, sans doute. D’originalité, sûrement. Sans doute pas de pudeur, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Un blog n’est pas une conscience, tout de même.
Vous n’êtes pas lassé ? On continue !
Quelques uns seraient-ils éditables ? Pensez-y. Sous forme de livres, pas mal tomberaient des mains dès la première page. Et alors que penser du tissu industriel de banalités ? De truismes ? De bien-pensances politiquement correctes ou pseudo critiques…Mais bon, j’ai déjà évoqué les microcosmes tribaux, phénomènes des bandes de copains, des familles écartelées, des communautés d’intérêt.
Mme de Sévigné aurait-elle eu un blog ? Sans doute. Et peut-être même assez suivi, je pense. Ou nos grands feuilletonistes du XIX ème siècle auraient déjà bien usé nos yeux. Ou Foucault ou Sartre ou je ne sais quel grand écrivain. Le problème actuel est l’émergence. Quand on aura bien usé tous les bêtisiers, humoristes, fournisseurs de jeux, m’as-tu-vu de quartier…et j’en passe (des milliers) qu’est-ce qui va émerger ? Et là, n’étant qu’aux prémisses du phénomène, on ne peut rien prédire.
Lassons-nous, il en sortira sans doute quelque chose ou, plus rare : quelqu’un.
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