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vincentdidier

Sans Idéfix

Je me suis assis par terre, à regarder les piétons passer, dans ce blog, passer, passer, passer. Sur des cartons de pourriture à hauteur de chaussures, dans le vomi de vos songes ( creux comme des arbres). Assis dans la merde. Vous regardez ailleurs, vous ne me voyez pas, vous ne me verrez jamais sans doute. Je suis repoussant et veule, malsain et aviné, je ne tends même pas la main, je tends les mots. Mais ça ne se fait plus. Démodé. Je croupis dans mes phrases tel un alcoolo désoeuvré. J’ai dépassé votre froide indifférence ou vos lointaines commisérations. Les pièces, les putains de pièces qui vous achètent, c’est quoi ce symbole ? Un verre de pif pour oublier vos indifférentes chaussures. Je gerbe. Je me ferai coffrer. Je finirai un jour. Mon nom est personne. Ma vie n’est que défauts et trahisons lugubres, relents de guerres incertaines jamais gagnées ni perdues, un pot pourri. Jusqu’à la moelle. Foutez-moi la paix : je ne vous demande rien que votre indifférence. Je bouffe mal, je picole, je me bats la nuit contre mes cauchemars de froid et de ruptures. Putain, j’ai rien, que dalle. Ce pauvre corps que vos yeux balaient furtivement, et peut-être même pas, vous l’assimilez à quoi ? Ma niche écologique est le lisier de vos cités. Et putain je meurs par milliers tous vos jours et aussi à Noël. C’est l’horreur, cette vie. Et je ne peux pas dire que je l’ai choisie. Mon blog, c’est mon carton que je retrouve, solitaire. Mes pièces, c’est mon compteur qui tourne et tourne et me tourne. Vous passez sans jamais vous arrêter. J’ai froid, je crève souvent de faim, j’ai perdu la douleur quotidienne des banalités. Elles me sont devenues étranges. Je n’ai plus envie de rien. Pas le courage de mourir. Mon carton que je change de temps en temps, ou bien je change de quartier, ou bien je change de langage ou bien je change de registre ou bien…Mais vous, mes éternels étrangers, ma foule qui foule, changerez-vous un jour. Qui va secouer votre bourgeoise torpeur si friande de culture mais si lointaine de l’homme. Hein. Qui ? Dites-moi…
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