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vincentdidier

urbain de solitude

Xing Danwen, photographe chinoise, met en scène des maquettes, de l'urbanisme. Cela ressemble à des projets d'architectes de villes nouvelles. C'est vide, c'est du Chirico.

On a la nausée, on a le malaise. Ces maquettes sont comme des jouets d'enfant sans enfance. Le regard se perd en se promenant, glisse sur les falaises lisses des immeubles, erre sur les esplanades désertiques hantées par quelques figurines trop banales. Désarroi du manque de vie. De bruit.

On se prend à chercher, à musarder dans ces banlieues de grandes cités. C'est comme du Magritte sans effet de non sens. On cherche, on cherche. On interroge notre propre banalité à commencer par celle, étrange , de notre regard.

Ces alignements vides, ces rues désertes, ces immenses tours apocalyptiques sont le décor de nos vies. A le représenter, il nous gène.

Puis, après le malaise général, on en vient au détail, aux quelques petites taches de couleur que nous sommes.

Ce que je n'avais pas vu de prime abord me saute aux yeux maintenant. L'humain est là, il n'y a même bel et bien que lui sur cette autre planète.

Il est accidentel, comme surajouté. Il se détache. Il dénote.

Tiens, un accident de voiture !!! C'est micoscopique.

 

 

Et pourtant, maintenant, je ne vois plus que lui. Il s'oppose à l'immensité vide du reste. L'humain est représenté comme accidentel. La mouche écrasée contre la vitre.

Donc, circulant parmi ces photos de maquette, je cherche l'homme, l'évènement, la crise...

Cherchez...

Ce sont les mêmes immeubles, mais un peu plus haut, ailleurs. Des maquettes, bien sûr, rassurez vous. Nous avons créé un monde de maquettes géantes. Génantes ? Un monde ? Créé ?

Votre regard va flairer l'accident. Et il a eu raison ,vous avez de l'expérience dorénavant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mortelle netteté de cette silouette féminine cloue le décor. Nous tomberons sans doute avec elle, sobrement. Ou bien non. Ceci n'est pas un suicide. Ceci est notre regard d'architecte pervers. Ces tours sont l'illusion du malheur. L'humain n'y apparait qu'accidentel ou peut-être mortel.

N'aurions-nous pas créé des payages à notre image, costumes mal taillés dans lesquels le malaise est scénographié, chorégraphié. Architecture du malaise.

Quand on voit des maquettes de projets, c'est lisse, net, ressemblant au Havre ou à Saint Malo. J'ai survolé les tentaculaires cités américaines.A perte de vue les mêmes lotissement reproduits, clonés C'est du fractal. Et notre Danwen y a bien vu la fracture.

Vous aussi.

 Vous êtes habitués, maintenant, c'est trop simple. A tel point que c'est la maquette que vous ne voyez plus. Elle est devenue comme un décor, un peu trop surdimensionné, mais annexe. C'est comme dans "Où est Charlie ?". Vous cherchez la où cela ne va pas. Là où l'humain est. Et c'est forcément un crime, un accident, un suicide. Vous en avez perdu de vue la raison

Cela paraît déconcertant de facilité. Les Sim's version Chirico, Rothko. Nos utopies architecturales mettent en scènes nos absurdités. Je suis en effet déconcerté.

Cela paraît en effet trop facile. Il y a autre chose de fascinant dans ces photos au-delà de leur message un peu primaire.

Et moi, petit Didier, je me pose cette question : ne mettent-elle pas en cause notre schéma d'analyse préétabli. Je me méfie des évidences. Cette fille est trop subtile.

J'y réfléchis. J'y reviendrai.

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caracol 22/11/2006 00:50

cette démarche t'honore, vire-moi donc ces sucettes et plonge, nom de dieu, ouste là, crache mon gars, le vide est encore loin !