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vincentdidier

chevillard

Eric Chevillard est un styliste. Il est aux éditions de minuit. Ceci = cela. Mais le stylisme a ses bornes qui sont l'ennui qui s'insinue et s'installe. Vous êtes dans votre fauteuil à lire ce petit roman (?). Au départ, vous admirez. Ce mec est doué, c'est incontestable. Il écrit bien, un peu à l'école de Raymond Roussel. Vous avez bien aimé, et même plus, son dernier roman : Oreille rouge. Un thème et une exploitation jusqu'au boutiste. A la fin, il reste le trognon du thème et la trogne de l'Auteur. Mais là, il est descendu d'un cran, d'arrêt, l'auteur. Il laisse pisser son talent d'achille, l'auteur. Il se laisse aller au laisser aller, l'auteur. Bref, passé la première demi-heure d'extase, l'ennui s'immisce comme un bon coulis dans votre soif de nouveauté de lecteur. Chevillard prend un sujet comme une pierre brute et le façonne à la manière d'un diamantaire. Face par face. Et c'est lassant à regarder à la longue, à voir travailler, un diamentaire. On se fait vite chier.

Nisard est un piètre écrivain du XIX ème siècle auquel nous sommes chevillés plus de 150 pages. C'est une bête noire, un mauvais écrivassier, un notable balzacien. Ce que le XIX è siècle nous a laissé de plus lassant. Et notre Chevillard de se coltiner ce sparadrap dont il n'arrive pas à se débarrasser. Et nous non plus, du reste. Ce livre, je l'ai lu en entier dans l'espoir d'un basculement. Va-t-il finalement l'aimer ce piètre écrivain, ce bourgeoiseau terne et borné ?

Mais là non. Nizard reste Nisard. Chevillard reste Chevillard. C'est un Oreille rouge bis. La surprise est passée. Oreille rouge en Afrique, Nisard au XIXè siècle. On sent la recette et le transfert de savoir faire mal caché. Ecrire n'est pas que le  talent.

Démolir chevillard ?

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DV 28/11/2006 18:10

Je suis assez d'accord avec vous. Chevillard est un écrivain important. Ceci dit ce Nisard m'a paru longuet et un tantinet copié/collé sur Oreille Rouge.
Ceci dit, je le lirai toujours.
Amicalement. Eh oui, j'ai fait une erreur de frappe...un mauvais "transfer"
 
PS : Si vous revenez, donnez moi une liste d'écrivains de cette trempe...je suis preneur...Merci d'avance.

Gilles 28/11/2006 01:18

J'ai du mal à croire que vous avez vraiment lu ce livre puisque le nom de Nisard (s) doit y être inscrit au moins 1000 fois et que vous écrivez malgré tout Nizard (avec un z)... A tout le moins vous l'avez lu distraitement; or il ne faut pas lire Chevillard distraitement, on est alors sûr de rater l'expérience à laquelle il invite le lecteur. Vous aruriez vu justement que ce basculement que vous avez attendu se produit bel et bien puisque le narrateur se transforme en Nisard et qu'il y a une sorte de transfer entre les deux personnages. Je vous renvoie à un entretien passionnant ou Chevillard s'explique sur son livre et sur ses conceptions de la littérature http://www.inventaire-invention.com/entretien/leplatre_chevillard.htm Par ailleurs, Chevillard ne se répète jamais; je ne vois vraiment pas le rapport entre les deux livres que vous citez. Bref, puisque votre billet est pour le moins désinvolte envers un écrivain qui me paraît de tout premier plan, je me permets de vous dire que je le trouve surtout bien léger...