Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

vincentdidier

i failed

Vous cliquez, voue entrez sans frapper vu que ce n'est pas verrouillé : vous êtes chez moi. Pourquoi êtes-vous là ? Je ne crois pas vous avoir invité ou bien je ne me rappelle plus. En tout cas, vous êtes là et je ne suis pas là. C'est une effraction molle. Vous pouvez tout prendre en laissant tout en place. je me dissémine. Vous savez, j'ai déjà moi-même tout pris, alors je m'en moque. Mon intérieur est extérieur, aussi bien à moi-même. Et je ne le dirai pas.
Si vous êtes là pour me piller, c'est bien. Si, au contraire, vous êtes sur ma planète pour tenter de me comprendre, vous ne ramènerez pas bezef. Pour me tuer ? Pour, pire, me toiser ? Vous ne savez déjà plus vous même. Je vous ai percé, mis à jour, à oilpé, comme on dit.
J'habite dans le quartier aux putes : celui des journaux intimes qui ne le sont pas. Essuyez-vous les pieds d'abord, Mr l'importun. Vous passiez ? Je vous arrête. C'est quoi passer, quel est le but plus ou moins avoué ? Pillard. Voyeur. Sadique. Je suis exhibitionniste, certes, mais vous ? Pas, en tout cas un promeneur, vous seriez dans vos bois, à vous perdre en vous même.
Ne me parlez pas de plaisir : je suis plus plaisantin que plaisant. Un vieil ami ? On ne se connaît ni d'Eve, ni d'Adam. Alors...? Vous persistez, vous restez, vous continuez quand même à me lire sans vous lasser ou en essayant de comprendre où je veux vous emmener... mais si je vous dis que je ne suis pas là ! Depuis que je suis né même. J'ai laissé la porte ouverte et je l'ai crié tout fort à qui voulait entendre ma voix et j'ai collé plein de flèches partout dans tous les sens. Cela n'en a aucun, de sens.
Asseyez vous. Vous voyez le bar, là-bas ? Retournez-vous. Prenez ce que vous voulez. C'est cosy ? Vous trouvez quelques éléments du décor sont déconcertants ? L'art contemporain ne vous plaît pas ? Je vous trouve vieux jeu pour un cambrioleur.
Je pourrai tout aussi bien prévenir la police. Maintenant que vous êtes entré, j'ai votre IP. Cela vous fait rire. Clic clic. Allez-y, ne vous gênez pas, faites le tour du proprio. Les années ont accumulé en cet espace des méandres de souvenirs, des labyrinthes de rencontres, d'effarants délires, une incertaine solitude, de désertiques années de sécheresse.
La musique, je l'ai piratée. Vous pouvez me dénoncer à votre tour. C'est joli ? C'est un musicien electro danois : Trentmoeller, plus connu pour ses productions dancefloor. Elle ne vous plaît pas ? Je m'en contrefiche. Je vous rappelle que c'est chez moi ici ! J'écoute ce que je veux. Au moment ou je veux. Vos goûts à vous vous les laissez au vestiaire, pour vos potes... Non mais... quand même...
Vous pouvez allumer une cigarette si vous voulez. Il y a un cendrier dans je ne sais plus quelle journée. Au fait... vous avez cambriolé combien d'intimités aujourd'hui. Vous ne fouillez pas de fond en comble. Vous n'êtes pas un professionnel scrupuleux. Vous passez d'intérieur en intérieur comme si vous feuilletiez une revue, comme en rêve.
Je vois. En fait, c'est sans danger. Vous ratissez le superflu. Ne mettez pas vos cendre par terre... Vous habitez quelque part vous ? C'est bien chez vous ? Vous partagez ce que vous trouvez chez les autres ?
Vous me connaissez ? (parenthèse sérieuse : dans mes connaissances seuls les gens intelligents m'ont dit "Tiens tu as un blog, c'est -ou c'est pas (c'est selon) mal-" les autres "ignorent" que j'ai un blog. je ne suis pas dupe. Cela me permet de faire le tri : MES AMIS sont intelligents : merci Michel et Jacques.
Les bibelots ? Ce sont des bibelots. Cela montre tout. Ce n'est pas intéressant. De la pacotille. Je les ai moi même piqués en me titant à toute jambes dans le dédale de mon histoire. Les objets de valeur ?
Cherchez. Il y en a bien un ou deux qui traînent bien cachés en évidence. Tout le monde les connaît. Vous ne pouvez pas les emporter. Le vendre vous ferait repérer en un moins de temps. Et les garder chez vous ne vous donnerai aucun plaisir. On ne vole pas la valeur.
Je vous les montre, pourtant. Je vous nargue avec. Ils n'ont aucune valeur pour vous sinon celle de me les ôter.
Vous me direz que mes fauteuils sont impeccables, ...reprenez à boire. J'adore les compliments. La moquette, je la change assez souvent, le papier me lasse vite, le soleil de ma mémoire le fait passer assez rapidement. Vous pouvez avoir le même si vous voulez, je peux vous donner l'adresse d'un fournisseur. Non, pas le même soleil. On ne peut pas voler le beau. On peut l'enlever. Le cacher. Le perdre. Mais pour le mettre où ? Parce que le beau , comme c'est universel, c'est aussi ce qu'il y ade plus individuel.
Vous partez ? Déjà ? Je suis déçu. Je pensais que vous resteriez plus longtemps. Il se fait tard ? C'est d'accord. Mais ce n'est pas une raison. La nuit tous les chats sont aigris. Alors, c=vous pouvez rester encore quelques instants : on va discuter littérature, solitude, cinéma, souffrance, peinture, espoir, livres, perte de soi, théâtre, indifférence, musique ...
Bon, je me range à votre rythme peu urbain. Je vous remercie de votre visite. Vous pouvez laisser un commentaire, un post-it, une remarque. Ayez ce culot une fois. N'ayez pas peur, je ne crains rien. Je ne suis pas si ouvert et si sympathique que mes limites transparaissent au premier virage.
Vous avez sali la moquette. J'en changerai. Je me sens enrichi de votre visite. Même si je feignais de n'être pas là, c'était fausseté, j'y étais. Je vous aime quand même. Ami ou pas ami.
Si un jour j'ai votre adresse, je me ferai un plaisir de vous piller, de tout palper, regarder, soupeser et comme disait Michel Foucault . "Quand bien même il ne resterait plus qu'un seul homme sur cette Terre, il s'assiérait sur un ban et il jugerait".
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article