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vincentdidier

Emile

Bientôt le millième lecteur.
 Ce jour-là, il gagne mon estime celui-là qui ose franchir la barre du un suivi de trois zéros. Sera-t-il jeune ou âgé, homme ou femme, habitué ou occasionnel, papillonnant ou attentif, connu ou inconnu, visuel ou auditif ? Il gagne mon estime, et le mille unième aussi, le suivant : je ne vais pas égrener le chapelet des possibilités à chaque gugus qui vient jeter un coup d’œil. Mais en fait, je crois que mon compteur patine dans la choucroute, il ne tourne pas toujours. Donc le millième affiché n’est pas le millième réel.
Et j’en vois pas mal qui tripatouillent leurs compteurs, on n’en dira pas plus. Quand je vois des insipidités afficher narquoisement 50 000, je me pose des métaphysiques questions. Moi, mes mille, je les veux intelligents, attentifs, conscients, cultivés, jeunes, gentils, caressants, pas débiles, nobles. ( C’est de la pommade, cher lecteur) Ce ne sont plus guère que des conteurs : ils affichent des bobards.
Ma mère avait l’habitude depuis des millénaires, elle n’est plus toute jeune, d’acheter, au marché, ses œufs à une vieille paysanne toute ridée et courbée par les mille et une corvées de la ferme. Elle devait afficher plus de 70 ans au compteur, cette vieillerie agricole, arborant à la même enseigne ses produits fermiers et sa dégaine de fermière plus qu’usée du bocage normand. On lui achetait, les yeux fermés ses produits, sans doute son seul moyen de subsistance : œufs, poulet, lait, fromages, que sais-je ? On payait son pécule au Moyen-Age. Un achat qui unissait le bio à l'humanitaire, en quelque sorte.
Jusqu’au jour où, un malveillant révéla à ma maman que cette hiératique figure agreste n’avait pas l'ombre d'une poule et que donc ses œufs venaient de la ferme d’à côté, une usine agricole, où elle ls'approvisionnait par palettes entières tous les matins par douzaines, allant même, sait-on jamais jusqu'à salir ses pseudos oeufs artisanaux, pondus avec amour dirais-je. Pendant un bon bout de temps, ma maman, guère naïve habituellement, s’était fait empapaouter par la figure hideuse du commerce.
Donc, mes compteurs qui affichent 50 000, ou même parfois plus modestement 20 ou 30 000, alors que le blog est une râclure sans goût et minable, je commence à douter. Ils vendent, ils vendent des mégatonnes de bluff. Ils ne leurrent personne. Un centième de la population française dans les rets d'un blagueur !
Mes mille à moi ? J’avoue que je ne vous connais pas. Ceci dit : vous êtes venus, vous avez frappé, vous avez tâté la marchandise. Peut-être avez-vous acheté quelques œufs, du fromage ou du beurre. Peut-être n’êtes vous jamais revenus, peut-être ne venez vous que quand il y a des promotions ; Peut-être ne venez-vous que pour critiquer, voir si les produits sont défectueux.
En tout cas, je vous remercie quand même, du fond du cœur de ma solitude. Je me souhaite un millésime. Un bon millième. Et je te vois, souriant, me lisant d’un air un peu désabusé, hochant la tête et repartant. Ou personne ne me lira jusque là. En tout cas, ça me fait plaisir.
Champagne ! Tiens, je connais un petit vieux qui peut vous avoir des bouteilles de son propre élevage, cuvée 2000 ! Et lui son compteur est sans doute bon, mon compte, en tout cas.
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