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vincentdidier

archipel

Nous avons des identités fragmentées. Ou peut-être ne sommes-nous que des fragments éparpillés à l'inassouvie recherche de la totalité unitaire. Nous sommes à nous mêmes nos propres paléontologues (voir l'article quelque part dans le blog). Ou n'avons-nous qu'une connaissance fragmentaire de notre identité. Ne serais-je qu'une rhapsodie, un patchwork, Arlequin ?
Mes moi sont étanches : je ne suis pas le même quand j'écris ce texte que quand je suis poursuivi par un chien, quand je me perds dans un désert que quand je mange une pomme.
Mes identités gigognes se sont succédées également dans mon histoire. J'ai été plusieurs êtres bien inconnus de ce que je suis actuellement. Mon passé est aussi mystérieux et inaccessible que mon futur.
Je n'existe pas dans la continuité : je ne suis que ruptures, brisures, bifurcations, voies sans issues, échangeurs, réseau d'identités entrecroisées. Je ne suis que l'épicentre de moi-même.
Je est un autre, toujours aux abonnés absents. Fragments incohérents, morceaux épars, vase chinois brisé. Mais y aura-t-il jamais eu un vase chinois intact ? Et quel intérêt.
Dédoublement de la personnalité, problème classique de la psychanalyse. Non. Procès plus fondamental de l'individu qui se prétend et se croit tel : indivis.
Prenez une voiture neuve. Changez une portière, puis une autre. Est-ce encore la même voiture. Et si, au bout de plusieurs années, j'ai changé toutes les pièces. Quid de ma voiture. Ce qui reste le même, c'est la forme.
Prenez un homme. Enlevez un doigt. Puis un oeil, une zone du cerveau, un pied, et la tête, alouette... Cela reste le même individu.
Donc les fragments ne sont pas espace, mais temps.
 Je reste le même si on me dépèce, me torture, me rajoute un troisième main et un cinquième oeil. Et pourtant je ne suis jamais le même : voir ce que j'ai écrit plus haut ! Je suis vraiment phénoménal. Une série de segments, une ligne brisée, une suite historique et quotidienne de moi-je différents.
Je suis l'incohérence. Quel rapport entre le gamin que j'étais le 6 juillet 1966 à 9h du matin et le mec à son clavier qui pianote le 20 octobre 2006 à 19 h. De l'un à l'autre, tout a basculé, tout est différent. J'ai mille fois plus de points communs à l'heure qu'il est avec mon voisin de palier qu'avec ce lointain ancêtre que je fus à moi-même.
Beaucoup de gens croient que leur vie a un sens. Pas moi. Si je l'ai cru à 16 ans quand j'aimais les bouddhistes ; à 30 ans quand je lisais Hegel. Mais autrement non. Coelho n'est pas ma tasse de thé.
Un gros foutoir comme mes ébouriffés moi-mêmes, mes tissus de vilénie, mes faux souvenirs (y en aurait-il de vrais ?) et ce p... de blog qui se cherche une identité. Que n'en eus-je tenu un depuis ma naissance.Et en plus, on ne sait même pas quand tout ça va s'arrêter, cette inepte succession de moi. C'est de la science fiction, du Philip K Dick.
Donc, au bout du compte, on ne peut même pas se récapituler soi-même. Il faut un biographe, un paléontologue. Et encore, c'est du bidonné.
Mais quel est le but de ce propos qui peut paraître bizarre. C'est de la défragmentation...D'ailleurs, cet écrit ne peut être que fragmentaire. Où est ce lien ? (à suivre...)

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