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vincentdidier

lettre n°9

 
Lettre n°9.
 
Ma chère inconnue, mon étoile.
 
 
    J'ai écrit " léger", la dernière fois alors, on va faire léger, quoi que, des fois, je sois vraiment lourd. Tu commences à me connaître. Et cassant. Et aussi fragile.
Léger comme un nuage. Et qu'est-ce qu'un nuage ? De l'eau flottant dans l'air qui déciderait de tomber ou de ne pas tomber ? C'est dommage que cette lettre ne soit pas écrite à la main, je t'aurais fait plein de dessins !
    Ce n'est pas si simple. La température est en jeu dans la formation d'une goutte. La température de l'atmosphère. Les particules d'eau condensée sont portées par l'air. A 0°, l'air ne peut porter que 5 grammes d'eau par mètre cube. Ce n'est pas beaucoup, à vue de nez, si tu te représentes un cube d'un mètre de côté et la masse de 5 grammes ! A 20°, l'air peut contenir trois fois plus d'eau, soit 17 grammes par mètre cube.
     Et ça, c'est énorme !!! L'air ne peut pas contenir plus d'eau. On dit que l'air est saturé, cela forme de gros nuages d'orage, les plus lourds : des cumulo-nimbus. Mais cela ne suffit pas pour qu'il pleuve. Les particules d'eau restent dans l'air et ne tombent pas.
    Pour qu'il pleuve, il faut que des poussières s'en mêlent. Pas de poussière dans l'air, pas de pluie. Par exemple le sel marin, les poussières d'éruptions volcaniques, le gaz d'échappement d'avion ou de voiture, le sable du désert projeté en altitude par une tempête...
    Il faut, en plus, que ces poussières s'allient petit à petit avec les particules d'eau électrisées et que de ce mélange naisse un noyau de condensation : imagine une petite goutte avec une poussière au milieu. C 'est à cette condition que la pluie devient possible. Mais ce n'est pas suffisant, il ne pleut pas encore ! Tu me suis ?
   
 Cette eau se présente sous le forme de gouttelettes minuscules d'un rayon de un centième de millimètre. C'est petit, petit. Dans chaque centimètre cube d'air, il y a 1 500 de ces mini-gouttes. Elles ne se mêlent pas à cause du vent, car elles bougent tout le temps les unes par rapport aux autres. Quand la goutte tombe du nuage, elle s'évapore aussitôt et une autre se reforme ailleurs. Ce qui fait que le nuage bouge;. C'est compliqué !
   Pour qu'il pleuve, Il faut que les gouttes s'associent grâce aux poussières et grossissent jusqu'à atteindre un rayon, disons de 2 millimètres. Et là, la goutte étant plus lourde, le vent ne peut plus l'entraîner et en tombant, elle ne s'évapore pas aussitôt. Au contraire, en tombant, elle s'associe avec d'autres gouttes, pour atteindre la taille de 6 millimètres.
 
   Et alors, seulement, si ces gouttes atteignent le sol, on peut dire qu'il pleut ! Elles font un long trajet de parachutiste avant de tomber sur la tête ou ton parapluie ou encore sur ton stand...
 
    Voilà, je me voulais léger, aérien et je te fais un gros discours sur la pluie. Je t'ai déjà vue mouillée, je t'ai déjà vue chercher les formes dans les nuages qui passent, indifférents,.
 Ceci dit, les nuages, la nuit, empêchent de voir les étoiles. Et les étoiles ressemblent souvent à des illusions d'optique : il ne faut pas les fixer trop longtemps comme j'ai fait. On n'arrive plus à décrocher son regard. Là, on dit que je suis dans les nuages. En fait, c'est faux, je suis dans les étoiles. Tu m'as appris. Merci.
A bientôt. Danse bien.
 
 
 
Un petit plus pour les littéraires
La théorie des nuages de Stéphane Audeguy, chez Gallimard, doit être sorti en Folio. Un roman épatant sue les scientifiques qui ont élaboré la notion de plus en plus complexe de nuage. Un grand roman !
 
 
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