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vincentdidier

teknival manchot

                    L'Anecdote du jour/2
                        La crème dessert.
 
Mon facteur est un Manchot d'origine. Avec une majuscule, manchot : ça veut dire qu'il a ses deux bras, mais qu'il est né dans un des trous du cul du monde. Ceci dit, il y a sans doute des Manchots manchots, mais c'est un autre problème ! Donc Eric, on va l'appeler ainsi, retourne de temps à autre dans son.... dans sa région, voir sa famille, ses copains et revivre les traditions séculaires endémiques à la localité.
 
Nous sommes en octobre, les amis. Ce n'est pas la fête paroissiale avec son célèbre lancer de bouses, ce n'est pas encore la toussaint et ses mares diableuses, c'est le concert sylvestre. Et là, citadin lecteur, tu commences à ouvrir les oreilles. J'ai prononcé le mot concert. Musique. Orchestre. Tekno et j'en passe...
Et sylvestre, c'est à dire en forêt. J'aurais dû ajouter nocturne, donc, comme chacun sait : de nuit.
 
Mon homme s'équipe donc chaudement, part avec quelques amis, amies avec sa belle auto vers les 22h. Ses roues le mènent dans une forêt, par un chemin vicinal (dans la Manche, ça doit être quelque chose !Même pas référencé par le GPS, c'est vous dire.) Et, arrivé au beau milieu de nulle part de la forêt, là où il n'y a plus que des arbres, style Blair Witch (ça fout les boules), il arrête la voiture et tout le monde descend. Mais y a même pas un seul keuf comme pour un teknival. Rien.
 
L'homme, averti et expérimenté qu'il est sort un tube de lampe et une lampe torche du coffre. Le règne des hiboux, du vent dans les branches, des glapissements de renards, et des bruits qu'on fait soi-même et qui vous font peur aussi, est arrivé. Allez en forêt la nuit et vous comprendrez la frousse du mec qui n'est pas habitué à tout ce genre de bruissements et de trucs bizarres qui surgissent inopinément à la fois de toutes les directions.
 
Au bout d'un moment, Eric met le tube à la bouche et pousse un cri de vache enrouée totalement hallucinant. Puis deux ou trois autres. Silence. Au bout de quelques secondes, on entend, en retour, le même vagissement, comme si c'était un copain qui lui répondait. Un signal, chouette, on va enfin s'éclater ! Rebelote, Eric recorne à tout rompre et au loin l'écho répond. Le seul problème, c'est que, l'écho, se rapprochant a des résonances assez ihumaines, voire même animales. Et si c'en était un ?
 
Ben oui,reconnaît Eric, d'un sourire fat. Ben oui quoi ? Ben oui, ce que vous entendez, c'est le brame d'un cerf. Il meugle fort pour provoquer ses ennemis et se battre à coup de bois. C'est la saison des amours. Un cerf est le chef d'une harde de biches. Chef, donc il faut combattre les autres mâles du coin pour être couronné et bénéficier du droit de cuissage auprès d'une - disons- vingtaines de femelles !
 
Et mon Eric qui souffle comme un damné, provoque le cerf en se faisant passer pour un mâle. Le con !
Le cerf va nous foncer dessus. C'est bien de voir ces bestiaux de près, mais ils pèsent 300kg et et peuvent vous mettre en charpie. Tu parles d'un teknival. J'aurais dû m'en douter, du traquenard.
 
Eric nous raconte des scènes, qu'il prétend authentiques, de combats entres deux cerfs, vues à moins de vingt mètres, bois entremêlés, corne à corne, puissance contre puissance. Impressionnés, nous sommes. Le cerf s'assure ainsi la prééminence de toutes les femelles du territoire. Il est devenu la crème des cerfs. Ces demoiselles vont le suivre, se soumettre à lui. Il fait de choses innommables avec 20 filles. Eric nous assure avoir rencontré, dans des conditions similaires, un mâle suivi par 21 femelles. Pourquoi 21 ?
Donc. Partouz. Faut assurer. Au bout du compte, fin novembre, notre bestiau est complètement sur les rotules, famélique, amaigri, mort d'épuisement après avoir engrossé à lui tout seul, le cheptel. Chapeau le cerf ! Il perd ses cornes. Il ressemble à un lévrier efflanqué. Il a plutôt intérêt à brouter des tonnes et des tonnes de feuilles pour se ressembler, jeune et beau.
 
Ce soir là, notre Eric attira un cerf, à beugler dans son tuyau. Gagné ! si on peut dire. La bête, à moins de 20 mètres, nous fonçait dessus. Mais voilà. Eric alluma sa lampe de poche et éblouit, flasha le ruminant qui, complètement décontenancé, hésita quelques secondes, tournicota, tournicoti et se barra comme un chauffard, se demandant à quelle vitesse il avait été flashé par ce radar mobile. Ouf ! Notre Eric, expérimenté et fier de l'être, est toujours plein de ressources. Le Manchot a eu le cerf haut la main !!! Mais, j'ypense, j'espère qu'il vérifie le bon état de la lampe torche avant l'expédition. Parce que je ne sais pas s'il "se fait" les filles qu'il emmène à son safari ... en cas de panne. Vous imaginez ?
 
 
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