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vincentdidier

18 segundos

Brève rencontre

 

Stanley Kubrick, L’Ultime Razzia (The Killing) ; un holdup dans un hippodrome où le temps dessine le destin, inexorablement. Chaque séquence est datée à la seconde en un minutieux compte à rebours (conte à rebours) et toutes, confluent vers un événement, clé de voûte et l’on sait à l’avance que cette méticulosité cache une infime faille qui, de fil en aiguille va aboutir au fiasco de l’affaire. Ce sont les choses de la vie qui font que tout dérive et que nos flèches n’atteignent pas souvent les bonnes cibles.

La voix off, moi qui ne comprend pas l’espagnol et qui devine par éclairs des bribes de sens, agit de la même façon que dans le film de Kubrick, en maître du temps. Les deux existences parallèles, à la manière de Lelouch, qu’on sait liées par le temps et, au bout du compte par une rencontre : les fameuses 18 secondes du titre… ; ces deux existences qui s’ignorent, qui préexistent à leur amour, vont basculer dans ces 18 secondes et, comme dans l’Ultime Razzia, le destin va tout détruire.

Les véritables rencontres, dans la vie, sont rares et  pas forcément de celles qui durent le plus. Le temps m’a séparé de pas mal de gens que j’admirais, que j’ai si peu côtoyé quand j’y pense et qui pourtant, pèsent si lourd dans mes souvenirs, comme des clairières dans une forêt.

Ce film, parfois un peu trop démonstratif et maladroit (ce qui le rend peut-être attachant aussi), montre bien, symboliquement, l’illumination de ces brèves rencontres. On sort abîmé de quitter si vite ces personnes qui nous semblaient prédestinées et qui deviennent, par là, les anges gardiens de nos souvenirs.

Comme vous l’imaginez bien, j’ai versé une larme.

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