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vincentdidier

Voyage en stop motion à travers la Chine.




Une idole de l'internet : ce type a marché plus de 4 600 kilomètres et s'est photographié au jour le jour, l'Aventurier quoi ! Qui doute aussi, comme tout aventurier : « Was-it really me ? », comme un Rimbaud chinois,  "je" sur les traces de l'autre soi-même.

Quand le voyage est terminé, on se demande si l'étranger qui l'a fait, c'est nous-mêmes. D'où l'utilité de se photographier, comme une preuve car, quand on a fini et qu'on se retourne on voit quelqu'un d'autre marcher et marcher encore. Le voyageur est donc insatiable. Il sait que la distance du temps le rend étranger à lui-même.

Au bout d'un an de marche à travers la Chine, la barbe a poussé, mais il lui manquait quelque chose, écrit-il.

9 novembre 2007, départ tout frais et tout tondu, comme vierge d'expérience. Le début d'un voyage : une naissance. Inexorablement, au fil des kilomètres, la barbe des souvenirs va pousser, broussailleuse, tenace, comme un territoire de mauvaises herbes sur le visage. Tronche de routard.

Villes, campagnes, montagnes, neige, pluie, soleil, routes, chemins, déserts, arbres, vallées, l'éclatant chemin du marcheur solitaire aux travers de brèves rencontres opportunes. Une forêt de visages et le sien, au premier plan, avec sa barbe grandissante. Avion, train, marche, stop, amours éphémères, avancer, avancer, avancer, oublier.

Novembre 2008 : c'est le retour, la boucle est bouclée. Rasage. De nouveau vierge. Mais tous ces souvenirs ? Est-ce vraiment lui ? Lui ou ce quelqu'un d'autre qu'on voit ici ?

A la fin, la photo d'un autre, c'est obligé, un modèle sans doute, ou bien un ami. Parce que seuls les autres possèdent le secret de notre identité.

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Sylvaine 18/04/2009 13:34

Ce film étonnant m'a émue, probablement parce qu'il fait écho à une expérience personnelle. En 94, mon frère et moi avons fait ensemble la traversée des Pyrénées, d'Hendaye à Banyuls: 42 jours et 800 km, une expérience sur laquelle il a beaucoup écrit par la suite. La phrase qui reste gravée dans ma mémoire, c'est "le voyage est une suite de disparitions irréparables". Disparitions physiques, géographiques sans doute, mais aussi et surtout disparitions à soi-même pour mieux de redécouvrir, se reconnaître. Rester le même et devenir autre en même temps.