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Et Dieu dans tout ça ?

D’immenses cargaisons de signes prolifèrent à tout instant (ce texte en fait partie) : c’est une expansion de l’écrit, un océan de langages, une infinité babélienne  que rien n’épuise. Livres, revues, journaux, blogs, bulletins, affiches, messages, lettres, que sais-je encore…si l’univers est en expansion, la galaxie Gutenberg l’accompagne. Un archivage est impossible. La prolixité de l’écrit le rend éphémère, vulnérable au temps.
Des charrois entiers de romans chaque année, comme une invasion barbare, une pluie de météorites : le besoin de tout lire vise à l’extension infinie de notre culture. L’inextinguible soif à jamais inassouvie de la chose écrite. C’est en fait une texture insensée, comme un bouillonnement verbal, verbeux. Quelques perles. Quelques pépites. Et puis après ? Si vite oubliées.
Le temps nous sauve la vie en tuant la culture. Plus nous lisons, plus notre savoir personnel diminue face à cette immense vague de productions écrites, d’auteurs, de voix, d’imaginaires. Plus nous lisons, plus nous nous rendons compte que nous ne lisons pas assez. Donc, il ne faudrait pas lire ou, à défaut, opérer des choix ?
Choisir. Choisir ce que l’on va lire, sachant que lire c’est à 99% oublier ce qu’on vient de lire. Les phrases n’impriment pas notre mémoire. On a lu un livre, c’est pour l’oublier. Le conseiller est une belle forme d’oubli.
D’où mon idée un peu nietzschéenne de la littérature. Aucun livre ne transcende l’humain. Peu importe que tel auteur ait ou n’ait pas existé. Peu importe ce que vous lisez ou pas. Nous sommes tous des Fabrice face à cette immense bataille des lettres. Notre connaissance ne peut être que métonymique.
Je crois que les écrivains ne visent en fin de compte qu’un seul lecteur : Dieu.
C’est déraisonnable. A l’image de cet univers.
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