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Cités citées.

Regardez cette fausse pub pour un produit nettoyant comme les bateleurs vous en vendent sur les marchés. Vous savez, de ceux qui accumulent les taches sur un tissu et, avec un produit miracle (au prix miraculeusement élevé) vous ôtent toutes les taches sans même abimer le tissu. Vous retournez chez vous, fiers de votre trouvaille, bombardez votre robe de mariée de toutes les pires taches au monde, y compris celle de l'adultère et... et ...elle ressort en salmigondis noirâtre !
Cette saynète burlesque, digne d'un Mickaël Youn ou d'un Laurel et Hardy, illustre le lustre des pieux mensonges si miraculeusement acceptés dans nos marchés et magasins par les badauds surconsommateurs de naïveté que vous êtes.
Le but ultime de la consommation n'est-il pas ce rêve de cocagne épinalien d'une vie sans effort ou tout flotte dans un pur idéalisme ? Ler but ultime de la consommation est de consommer sans consumer, de vivre une éternelle consommation accumulative qui refuse le temps en en acceptant les tentations.
C'est un démon. Le burlesque le prouve bien. Votre produit va effacer le dépérissement de votre totem automobile, parce que, votre voiture, c'est vous. Votre Golem. La petite bouteille à deux balles, c'est le bain de jouvence, le vernis qui abolit le temps.
Le burlesque est de l'ordre du tragique, c'est en cela qu'il fait rire. C'est l'irréversibilité du temps face à vos dérisoires idéalismes. 
On est tous les Louis XIV de La Fontaine et de Molière. On rit à ces scènes et de bon coeur, sans même se douter que la cible, c'est nous.

 


Jeudi 24 mai 2007
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