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vincentdidier

Atextué.

A divaguer comme cela par les rues du langage, peut-être vais-je finir par tout perdre car il n’y aura plus de mots. Le langage ne sert pas à désigner le réel, mais à communiquer. Vous voyez des mots autour de vous ? Ce ne sont que symboles visuels, le mot n’est pas là. Il est insensé. Le sens n’est pas là non plus, du reste, il est polysémique. Un texte est une ville immense. Le lecteur le traverse souvent par le périphérique, fantasmant sa lecture comme un automobiliste fantasmant la ville traversée d’une autoroute méprisante. Le mot n’est pas la chose : il la fait exister. Une chose sans nom n’existe pas. Le langage nous perd parce que nous nous perdons dedans et nous l’évitons donc par de hâtives lectures qui ne nous apportent rien que des histoires plus ou moins drôles, ou intéressantes, guère plus. Tout perdre et se perdre dans l’infini des textes ou, comme disait Foucault, dans la prose du monde. Se perdre. Mutisme. Page blanche. D’aucun prétendent que l’être y gagnerait, mais il n’a rien à gagner. Il ne se montrera pas même en l’absence de mots. Le langage n’a pas la fonction d’ouvre boîte qui découvrirait le sens ultime dans une boite de sardines. Il est en lui-même l’insaisissable être : l’outil de l’outil. Les textes qui font sens ne saisissent rien. Ceux qui, comme celui-ci se veulent polysémique, non plus. Alors à quoi bon se perdre puisqu’on peut vivre calmement à regarder passer les interminables morts ? C’est un pari
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