Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

vincentdidier

Moi cet étranger.

Mais qui est l’autre ? Peut-être la seule question qui vaille. On le juge selon ses apparences et ce que l’on suppose en soi. Les visages de l’autre me renseignent sur moi : je dois sans doute apparaître aux autres tel que les autres m’apparaissent. Leurs attitudes sont sans doute sous-tendues par les mêmes sentiments que ceux que j’éprouve ou ai éprouvés.
 C’est un défilé carnavalesque, grotesque que je ne vois plus en tant que tel. Seule la vue d’un étranger me fait percevoir ma propre bizarrerie trop oubliée. Le rejet de l’étranger me fait oublier ma propre étrangeté et donc me conforte, me réconforte. Je suis universel parce que je ne me vois pas comme exotique. Mon voyage intérieur ne m’amènera jamais jusqu’aux inabordables falaises de ma propre étrangeté et je dis bien : du fait que sois étrange, étranger à moi-même.
L’autre moi-même que les autres perçoivent de moi m’est étranger. Leurs attitudes en regard de ma présence me sont familières par métaphore. Je ne peux pas vivre leur relation à moi, mais la percevoir.
Double entrecroisement : mon allure extérieure actuelle n’existe que dans le regard des autres et je la devine en un mouvement intérieur de mimétisme de sentiments. Les sentiments des autres ne sont perçus que par leur attitude de laquelle je déduis des sentiments en fonctions de la mémoire fossile de ceux que j’ai déjà éprouvés.
Le problème humain de l’identité réside dans un échange hypothétique de suppositions réciproques.
Et justement l’étranger, perçu comme tel, ne ^peut être comme moi, même s’il en maîtrise les signes extérieurs, à la manière d’un singe savant. Il n’est pas possible que j’apparaisse comme cette étrangeté que vous montrez au monde. Moi, je suis universel, pas accidentel.
Le rejet de l’autre est une invisibilité de soi-même.
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article