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vincentdidier

Dépenser des pensées.

Je ne vous dirai pas le fond de ma pensée, jamais. Vous savez pourquoi ? Ma pensée n’a pas de fond. Elle est comme un monde qui n’existe pas. Irréelle. Ou enfin presque. Sans aucun fondement tout du moins. Eh oui, pas de sol, de socle, sinon l’impensé. Pas de limite, de barrière, sinon l’impensable. Territoire étrange et familier qu’est le registre de la pensée. C’est comme quelque chose qui se hisserait sans aucun support car c’est insupportable. Qui pourrait fonder la pensée sinon la pensée elle-même. Elle est pérenne, mais seule dans sa pérennité. Il faut s’y faire. D’où la métaphysique idée de l’être qui serait l’autre de la pensée : le pur extérieur, l’altérité. La pensée c’est le non être : elle ne se voit pas, ne se palpe pas, n’est jamais définitive, jamais écrite exactement, jamais dénombrée, définie. Elle est impensable en tant que telle. Tiens, une barrière. Un plafond : la pensée ne peut se penser. De même que notre œil ne peut percevoir le trou noir du nerf optique au fond de la rétine, ce canal qui conduit l’image au cerveau. Et le sol ? Le sol, on dira le langage. Oui, mais c’est un sol qui ne repose sur rien. Donc, des deux côtés notre pensée se heurte à de l’irrationnel, de l’impénétrable, de l’obscur. Pa se fond, pas d’horizon à atteindre, pas de Dieu supérieur à égaler. La pensée est à proprement parler indispensable.
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