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Cités citées.

   
Museum
Modern Art Museum by dumpr.net

Voilà, j'ai lu ce livre en deux heures, ce soir et, comme un gros idiot, je pleure. Il m'a pris aux tripes, ce bouquin.Et puis ce titre fabuleux qui dit tout.

Un couple, Vincent et Geneviève, perd sa fille (Clara) qui disparaît à la sortie de l'école. Leur vie se délite d'un seul coup autour de cette brûlure qui ne peut se guérir.

C'est lourd sur le coeur, dur à lire, âpre. Cette maman qui tient son journal pour ne pas mourir à chaque seconde de douleur.

Le couple se casse également, Clara, leur fille, en était l'invisible ciment.

Geneviève, la maman, vit seule et écrit, décrit car elle ne pourra plus jamais vivre. Personne ne peut comprendre. Son chagrin sera sa seule vie.

Et puis elle tombe malade, seule.

Vincent la retrouve et l'accompagne à la fin de sa vie. La mort de leur fille les a grandis en les rétrécissant ; les a séparés en les rapprochant. Ce livre épuisant est inépuisable.

Et puis ces vers de Verlaine m'ont traversé de part en part :

Car je veux, maintenant qu'un être de lumière

A dans ma nuit profonde émis cette clarté

D'une amour à la fois immortelle et première

De par la grâce, le sourire et la bonté...

Enfin, le dernier paragraphe du livre me transperce également, mais je ne l'écris pas ici, il me fait trop mal.


Dimanche 3 décembre 2006
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Un hamster coincé dans un jeu vidéo.

Les Russes ont 20 ans de retard sur les jeux

Je voudrais voir la tronche du hamster dans World of Warcraft...


Dimanche 3 décembre 2006
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 Le masque de Jade
 
J’ai vu ce matin ta photo dans le journal, enfin, ce n’était pas toi puisqu’elle est morte, l’actrice. La photo la montre jeune, trente ans à peu près. La légende indique que le cliché date de 1970, donc elle avait environ 66 ans. Toi, tu n’es pas arrivée à cet âge là, mais c’est toi que j’ai vue sur cette photo, curieusement. Je t’ai vue, comme tu seras sans doute, une beauté simple et radieuse, un visage fin et sobre, un bonheur de femme. Ce n’est pas long, 66 ans, c’est sans doute suffisant pour éclairer les autres…et puis après, une autre lumière, ou plutôt deux alternativement. Les gris saumâtres de l’absence. Les blancs lumineux des souvenirs.
Pourquoi je t’ai vue ? Parce que tu n’es plus là et que j’aime te voir dans tous les visages de femmes que je rencontre, du moins de celles qui éclairent, qui ensensent votre vie, pour faire le néologisme de lui donner un sens.
 A chaque fois que je lis le verbe « manquer » dans un roman, plof, c’est fini, je ne peux pas aller plus loin. Je le referme. Je suis mort à ce mot-là. Je ne peux lire jusqu'au bout que des livres qui ne contiennent pas le verbe « manquer », mais en existe-t-il ?
Cette photo me plaît : je vais la garder et la regarder, comme si, à travers elle, je pouvais partager ton futur. C’est pareil que ce verbe manquer, d’ailleurs, à chaque fois que je rencontre une jolie femme dans la rue ou dans une revue, enfin jolie selon mes critères : qui te ressemble, ma journée s’arrête là.
Je ne vais pas la coller, cette photo, sur ce blog. J’aurais pu. La tienne non plus, du reste. La porte est refermée maintenant. C’était une actrice : je ne la connaissais pas. Elle était jolie. Pourquoi ont-ils mis cette photo, pourquoi ? Je vais me renseigner, je regarderai quelques uns de ses films. Je sais, cela ne me guérira de rien, Albertine est à jamais disparue, mais tout de même. Croire voir, c’est souvent voir et, dans ce sens là, j’aime à me leurrer.
Les jours passent, s’espacent…je suis décidément un hémophile de la mémoire. Manque. Manque. Manque. Tout le temps, des coups de couteau et tout le temps ce mot qui me fait saigner. Ces photos qui me décomposent en te recomposant.
Ta vie lointaine, tes mille visages, ce que tu fais à l’instant même, le nombre de neurones que j’occupe dans ton cerveau, j’imagine en regardant ce juvénile portrait. C’est imbécile, je ne le sais que trop. J’imagine également tout le passé de cette actrice, ses bonheurs, cette vie, ces mille visages qui l’on composée, aussi.
Le bonheur n’est jamais présent pour moi. On ne peut pas être heureux et en même temps se dire qu’on est heureux. Les deux sentiments sont distincts, deux couleurs mêlées et séparées tout en même temps.
Je t’ai perdue, je garde cette photo et ce verbe « manquer » dont je connaissais si mal la signification. Ce texte s’inachève en débris qui désagrègent  cette photo, fourmillant puzzle aux pièces manquantes. Son nom à cette actrice, c’est Jade ; je me souviens d’elle, en effet. Lointaine et proche, comme toi ; étrangement familière, familièrement étrange . Truffaut l'a aimée de baisers volés. J'ai le vertige soudain. J'aurais bien aimé  voler sa place à ce moment. De lui à elle ; de toi à moi ; comme une métaphore.
Pascal Quignard a écrit quelque part : "Qui croit posséder une femme ne possède rien." Des miettes éparses, d'indécises silhouettes qui se chevauchent en des floues reconstructions. L'absence n'est pas comparable à la mort.
Toi, je t'ai vue ce matin en lisant le journal, devant mon café. Portrait d'une femme morte pour une absente, telle que je ne te verrai jamais plus.
 

Dimanche 3 décembre 2006
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