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REM - Losing My Religion
envoyé par djoikLife is bigger 
That was just a dream.
It's bigger than you
And you are not me
The lengths that I will go to
The distance in your eyes
Oh no I've said too much
I set it up

That's me in the corner
That's me in the spotlight
Losing my religion
Trying to keep up with you
And I don't know if I can do it
Oh no I've said too much
I haven't said enough
I thought that I heard you laughing
I thought that I heard you sing
I think I thought I saw you try

Every whisper
Of every waking hour I'm
Choosing my confessions
Trying to keep an eye on you
Like a hurt lost and blinded fool
Oh no I've said too much
I set it up

Consider this
The hint of the century
Consider this
The slip that brought me
To my knees failed

What if all these fantasies
Come flailing around
Now I've said too much
I thought that I heard you laughing
I thought that I heard you sing
I think I thought I saw you try

But that was just a dream
That was just a dream

Mardi 12 décembre 2006
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Lettre n°17.
 
Comment dire ? Comment dire la magie ? Comment faire partager ces instants uniques et rares que tu m’as donnés, touches fines de couleur dans un monde noir, blanc, gris. Et ce sentiment en même temps de jouissance infinie et en même temps de fuite inexorable. La magie est toute là : ne pas pouvoir s’approprier la beauté de l’instant, son unicité. Impossible à dupliquer. Notre technologie s’y épuisera à jamais. On n’aime un être que par ces moments là et l’incessant ressassement de son souvenir. Je dis ce moment. La goutte de magie, c’est réellement une seconde, pas plus. Rien. Explosion qui va irradier votre existence des décennies, la mienne en tout cas. On cherche à reproduire cet instant, rien n’y fera. Je ne dirai pas aux autres, je ne vais pas dire, je garde. Je ne te dirai même pas à toi car tu sais. C’est une bulle qui a éclaté à la surface d’une mare ; c’est un petit nuage au milieu de l’infini ciel bleu ; c’est l’être dans le néant des êtres. L’éruption irrationnelle de cet état de transe n’est plus là, mais sous-jacent, diffus. Je ne perdrai plus jamais ce moment là.
Mon texte ne peut se libérer ici, dommage. Vous ne me connaissez pas bien. Personne ne me connaît. Vous me jugez à votre aune et à ce que vous pensez que les autres me jugeront. Ces lettres ne sont pas vraiment intimes, même si je prends un risque à les écrire.
Je ne te les écris pas ici. Je ne les écris pas pour toi, lecteur, on peut bien se tutoyer, depuis le temps. Et c’est sans doute là que l’on n’a plus rien à se dire. D’innovant.
La magie ne peut être en potion. Elle surgit d’un improbable endroit et pourtant, vous n’êtes pas plus surpris que ça de son surgissement. Et de plus, elle n’enterre rien de ces autres moments de votre vie. Elle est au sommet. Là. Immobile. Le reste est lointain, au-dessous.
Ne pas commettre l’erreur de recréer cet instant. C’est notre humaine tragédie. Combien de fois j’ai pleuré, après ? Resté pantelant, perdu au milieu de mon désert, immobile à regarder les nuages défiler dans le ciel, hagard, désappointé, seul de chez seul. Au chômage de ma magie.
Tu m’as donné ces instants, brefs, incisifs, insaisissables. Une profonde liqueur diffusée instantanément dans tout mon être. Je n’avais jamais, jamais connu une telle irradiation. Je m’en suis remis difficilement, je m’en remets à peine. Je m’en remets à toi, la seule personne à pouvoir tirer l’épée du rocher. Et je sais que maintenant, rien ne peut être meilleur, plus fort, même s’il y a un Dieu. Il n’est pas de taille, le pauvre. Il ne peut pas lutter.

Mardi 12 décembre 2006
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Mardi 12 décembre 2006
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Manque d'inspiration.
 
Que pourrais-je vous dire qui n'ait déjà été dit. Le langage est des milliards de fois redondant : c'est son territoire. Notez ce que vous dites en une journée. Rien d'innovant dans la quasi-totalité. Paysans de mornes plaines, nous sommes. Abeilles dans la ruche à échanger des informations de courte vue.
Remarquez, je pourrais bien inventer à l'instant un langage avec lettres nouvelles, règles farfelues, écrire comme une oeuvre d'art. Mais le sens, pas moyen d'innover.
Aussi, je cours sur mon clavier, mais derrière quelle idée nouvelle ? Je ne le sais pas puisqu?elle est nouvelle.
Avec des mots si anciens ?
Vous allez me lire et penser : qu'est-ce qu'il veut dire ce gars qui n'ait déjà été dit.
Justement, le texte que vous avez à l'instant sous vos yeux n'a jamais été écrit. Dans la totalité des mondes connus, il est le seul.
Innovant.
Neuf.
Mon bébé.
Voilà, je viens d'accoucher sous vos yeux d'une flopée de mots.
Mais verbiage.
Logorrhée.
Mon bébé est chétif et malingre.
Lui qui se voulait aussi grand que l'univers.
Principe des indiscernables : il ne ressemble à nul autre et pourtant c'est la même chose. Des pièces de monnaie qui se suivent à l'infini, se carambolant. Qui les a mises en place.
Je connais un mec capable de lire un roman étranger sans rien y comprendre. Quelle culture il a.
Il a lu tout Shakespeare en anglais et tout Joyce.
Tout Goethe et Hegel en Allemand.
Tous les auteurs arabes, chinois et japonais.
Il peut lire les livres de sciences les plus ardus.
Mais il ne comprend rien.
Comme vous.
Allez, je vous laisse.
Mais méditez ceci : si on innove, personne ne vous comprend.
Alors j'écris des banalités.
Pour vous faire plaisir.
Quel sale temps aujourd'hui, vous ne trouvez pas ?
 

Mardi 12 décembre 2006
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Mardi 12 décembre 2006
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