C’est un gros défilé. Viennent voir ce qui est écrit, ce qu’il y a à piquer. Au cas où. Je fais pareil. Au lieu de me balader au village, je fais ma tournée des blogs.
Mais justement, mes stats ne sont pas assez précises. Je vois votre nombre c’est tout. Pas votre nombril. Il suffit que je montre le mien assez. Le capharnaüm doit vous plaire. Comme ces anciennes quincailleries ou « marchands de couleurs » où j’adore fureter sans rien chercher que des odeurs, des bruits, des poussières tournoyantes dans les rais de soleil, ces vendeurs affairés à dégoter un clou, un écrou, un tissu…L’art du dilettantisme de se balader dans les boutiques claires obscures. Les librairies aussi. Les vieilles pharmacies : allez en visiter, je dis bien visiter, dans les bourgades des pays de l’Est. Ces flots de senteurs, des rangées de fioles et de boites décorées aux poudres et liquides improbables sur des hauteurs d’étagères impressionnantes. Il faudrait des blogs comme ça : à l’ancienne. Des souks. Ah, encore une labyrinthe mystique, l’adoration des touristes. Des halles grouillantes de senteurs, de cheminements énigmatiques, d’heures vibrionnantes ou calmes, gorgées de couleurs et d’alignements contrastés de légumes, viandes, poissons…Il faut y apprendre à ne pas chercher. C’est l’or du bonheur que vous tenez.
Se balader sur le net est d’un charme tout différent. On lèche blogs, abeilles fureteuses, on va d’abord vers les plus colorés, peut-être le plus piégeux. Ce sont de grandes surfaces sans mystère aux stocks trop prévisiblement et régulièrement achalandés. On y a au plus pressé.Puis on déroute, le lacis des petits riens, des miniatures. Les chemins se rétrécissent, l’ombre épaissit, moins de monde. Quelques pépites sont là, qui semblaient vous attendre.
Je ne vous donnerai pas l’adresse. Pour l’instant. Cherchez, vous aussi. Ces inconnus familiers. Au cœur de la forêt des http://www. On perd son temps. Non on ne perd pas son temps. Vous perdez votre temps avec moi ?
Donc je disais que vous êtes ébahis de mon capharnaüm. Votre vie en est un également. Prenez un peu de recul et réfléchissez à toutes ces actions, paroles, pensées, pulsions hétéroclites qui constituent ne serais-ce qu’une seule de vos journées. Entre l’étirement du réveil, le petit pipi, les tâches ménagères, l’éternelle radio de votre conscience, vos moments d’endormissement, vos relations, vos paroles, vos craintes…. Vous êtes un bric à brac pas possible.
Alors ? Je ne regarde même pas votre proprement labyrinthique histoire. Vos histoires devrais-je dire et dieu me garde de m’en mêler. Alors ?
Fouillez. C’est du proche. Du lointain. De l’intelligent. Du bête. Du racoleur.
C’est mon blog. Ouvert 24h sur 24 même quand je vais aux halles.
Dire dire.