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Cités citées.

   
Museum
Modern Art Museum by dumpr.net
Annexe à la lettre 14.
 
    C’est mon soulagement. C’est d’une grande hauteur. Vous ne pouvez pas comprendre son rire lumineux qui me caresse l’âme. C’est comme deux fourmis qui échangent un petit rayon d’entre leurs antennes sans cesse palpitantes. C’est une chatouille. Des mots, des mots, des heures, des minutes et des secondes. Au milieu du désert blanc de la nuit qui s’effondre, elles dialoguent les deux fourmis. Il fait froid tout autour, dehors et dedans, c’est égal. Je la connais un peu, elle me connaît un peu. Mon ivresse loge dans son langage. Je suis moins seul tout à coup. C’est rare. Unique. D’y repenser maintenant m’enivre encore plus. C’est ma magie de l’âme, revigorante et douce, innocente et parfumée : d’une force terrible. Capable de terrasser l’espace d’un instant tous mes diaboliques retranchements au monde. Je ne suis plus seul, à cet instant, moi qui pourtant le suis toujours à jamais et depuis si longtemps. Sa voix lumineuse titille un moment ô combien précieux ma carapace de vieil arbre adipeux aux mille ruses sclérosées. Elle est là : c’est l’être. Elle m’illumine. J’ai chaud tout à coup. La quitter me bouleverse. Toujours. C’est se souvenir que je veux faire revivre en écriture, comme une invocation. C’est peine perdue, je sais. Et c’est le lot de toute utopie, de tout rêve, quand ils viennent à s’incarner en un être unique. Si vous le voulez libre, c’est vous que vous perdez. Si vous l’accaparez, c’est lui… Toujours inaccessible donc. C’est ce que j’aime, tel que je l’aime. Le vertige de la perte. Vous me pensez idiot sur cette relation, Swann, vous avez bien raison. L’abandon dans l’idiotie de l’adoration. Et vous me voyez tomber de haut et pas qu’une fois unique, mais tous les jours et me refaire aussi mal à chaque fois.
Cette histoire est insensée : tout son sens vient de là. Tous le fleuves se rejoignent à l’endroit où tout nous sépare. Et pourtant nous rions. Cet endroit est mythique qui ouvre la déchirure. Delta. Je ne t’oublierai jamais, c’est ma grande blessure dont la magie salée brille d’avenir, se noyant, feuille morte dans l’humus, s’effondrant, béton dans l’oubli des gravats, se défigurant d’une figure humaine, trop proche car trop lointaine.

Mardi 7 novembre 2006
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Une fleur morte.
 
 
C’est une histoire triste, peu glorieuse,
C’est un cri déchirant et une douleur vive,
Je m’enfonce dans la terre, du sable plein les oreilles.
C’est d’une fin de monde, d’un abandon
Lamentables et sans nom.
Des herbes folles vont courir sur moi
En silence
En absence
Le miroir gardera ses ténébreux secrets
Ouverts comme en dedans vers de mystérieux êtres.
Et je n’entends plus rien qu’une houle morcelée
En épars souvenirs tous aussi acérés
Ouverts, ébréchés et tranchants
Comme des fleurs offertes à un dément.
En partance
En errance
C’est une histoire de désolation et d’oubli
C’est une réponse factice à un soleil maudit
Je ne remonterai plus vers l’océan lointain
C’est un dieu qui se meut, là-bas, sur l’horizon
Qui se croit heureux d’être devenu sans nom
Comme on dit des pierres et aussi des poissons
En souffrance
En distance
Ainsi c’est une histoire dont je t’écris la fin
Pétales de noirceur, chagrins de feuilles
Enseveli comme l’ombre d’une foule morte
Au-dedans de moi-même j’ai effacé les portes.
Bloqué les issues des rêves d’antan
Verrouillé l’espoir d’une main alerte.
En pleurs, à l'encre noire,
Comme devant une fleur morte.
 
 
 

Mardi 7 novembre 2006
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