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Modern Art Museum by dumpr.net
  Voilà, tu es repartie dans ta fusée. Je suis assis sur la plage, sur ma terre. je regarde les étoiles, là bas, au loin. Maintenant, je suis seul. Je suis perdu. Atterré. Je ne vois pas le sens de tout ça. Je ne comprends rien. Je suis tout seul sur le sable. L'univers. Je regarde là bas, les étoiles où tu dois être. Mais laquelle ? Vers quel endroit me tourner, sur quel point précis fixer mon imagination. La chercher en moi même; peut-être. je n'y crois pas. Les vagues viennent me lécher les pieds. je pense à toi. Divinité.
  Le ressac, les milliards d'indécises gouttelettes, le bercement lent de la houle : tout te contient . Mais tu es unique, seule. Tu es un point de l'immensité. Je cherche, je cherche. ta fusée est partie si vite au dessus de l'océan. J'ai a peu près vu la direction. Mais après ? Quelle étoile adorer ou quelle planète, quel rêve chérir. Dans combien de temps reviendras-tu m'inonder de ton être ?
Je sens mes veines, ma respiration se mêler au vent, aux nuages de sable. Je redoutais tant ce moment. Il a bien fallu qu'il advienne. Les nuages cachent les étoiles de temps à autre, les mille reflets étincellent, les mille pensées me dépossèdent.
Plus je regarde, moins je vois. Ma vision est incertaine.Pourvu que je ne t'aie pas perdue. Pourvu que je ne t'ai pas perdue. Pourvu...Des vagues, des vagues, des vagues...Les mille et un reflets de la perte, d'un manque que l'on n'oublie pas, que l'on n'oubliera pas. Jamais.
Tu es vite partie. Tu es très lointaine désormais>. Quelques années lumière, je redoute.
Un nouveau ciel arrive maintenant. Il va bien fallaoir composer. Il seraiot inutile d'abandonner. Il n'y a pas deux univers.

Samedi 18 novembre 2006
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Eric Chevillard est un styliste. Il est aux éditions de minuit. Ceci = cela. Mais le stylisme a ses bornes qui sont l'ennui qui s'insinue et s'installe. Vous êtes dans votre fauteuil à lire ce petit roman (?). Au départ, vous admirez. Ce mec est doué, c'est incontestable. Il écrit bien, un peu à l'école de Raymond Roussel. Vous avez bien aimé, et même plus, son dernier roman : Oreille rouge. Un thème et une exploitation jusqu'au boutiste. A la fin, il reste le trognon du thème et la trogne de l'Auteur. Mais là, il est descendu d'un cran, d'arrêt, l'auteur. Il laisse pisser son talent d'achille, l'auteur. Il se laisse aller au laisser aller, l'auteur. Bref, passé la première demi-heure d'extase, l'ennui s'immisce comme un bon coulis dans votre soif de nouveauté de lecteur. Chevillard prend un sujet comme une pierre brute et le façonne à la manière d'un diamantaire. Face par face. Et c'est lassant à regarder à la longue, à voir travailler, un diamentaire. On se fait vite chier.

Nisard est un piètre écrivain du XIX ème siècle auquel nous sommes chevillés plus de 150 pages. C'est une bête noire, un mauvais écrivassier, un notable balzacien. Ce que le XIX è siècle nous a laissé de plus lassant. Et notre Chevillard de se coltiner ce sparadrap dont il n'arrive pas à se débarrasser. Et nous non plus, du reste. Ce livre, je l'ai lu en entier dans l'espoir d'un basculement. Va-t-il finalement l'aimer ce piètre écrivain, ce bourgeoiseau terne et borné ?

Mais là non. Nizard reste Nisard. Chevillard reste Chevillard. C'est un Oreille rouge bis. La surprise est passée. Oreille rouge en Afrique, Nisard au XIXè siècle. On sent la recette et le transfert de savoir faire mal caché. Ecrire n'est pas que le  talent.

Démolir chevillard ?


Samedi 18 novembre 2006
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Samedi 18 novembre 2006
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Illusion d'optique.
Je vais encore vous dire que j’ai un immense plaisir à voir mon inconnue. Je vais encore vous dire que je suis frustré de ne la voir que si peu de temps, de manière si éparse, sporadique, parcimonieuse. La rareté comme principe, après l’abondance. Je vais encore vous dire que je suis beaucoup trop sentimental pour faire ce métier d’attachement. La rengaine habituelle que je ferais mieux de rengainer. Cela devient lassant, à la longue. Je vais encore vous dire que je la vois sans la voir, comme au Monopoly : simple visite. Qu’avant même de la voir, je redoute l’éphémère. C’est un flash : ça éblouit mais n’éclaire pas. J’en reste aveuglé un certain temps, chancelant, sonné. C’est de la magie et, comme toute magie, c’est très bref et incommensurable au quotidien. Je vais encore vous dire que je lui écris mille lettres dans ma tête, sans arrêt qui sont comme des bonheurs différés, des fragrances fragiles, de mélodieux errements très volatiles. Je vais encore vous dire ma poésie, ma douleur, mon incertitude de vivre, mes mille regrets, la conscience de la vanité du futur. Vous allez encore vous dire que je suis à la recherche de ce qui ne peut que me manquer, la recherche du manque lui-même. Je vais encore vous affirmer que son absence, m’accablant, me vivifie en un détour bizarre et que sa présence, par moments, toue essentielle qu’elle soit, me détourne d’elle.
Peut être n’aime-t-on pas une personne, mais l’idée que l’on a d’elle. On a créé un mythe, une imago, une icône. Les signes qu’elle voue renvoie vous confortent dans votre peinture, mais ne sont que des signes complaisants. La personne aimée est déjà différente, autre. L’infini tissu social, psychologique, biologique, affectif, rationnel … que représente cette personne a déjà bougé, cet archipel s’est immensément modifié. Vous aimez l’idée d’une personne à un instant T de son histoire. Le reste n’est que religion des signes. Proust l’avait déjà bien dit dans sa Recherche.
Je vais encore vous expliquer que le mythe est plus réel que ce que l’on croit être le réel. Nous ne sommes pas sortis de la mythologie. Peut-être est-elle l’esssence de l’homme. Je suis attaché à mon étoile car je la sais lointaine et libre. Quand je suis trop près, elle m’éblouit et je n’y vois plus rien. Je suis sa comète. J’ai un style elliptique : je ne tourne pas en rond ! C’est déjà ça ! Je vais encore à la manière d’Homère, écrire en aveugle. C’est sans doute là que l’on s’exprime le mieux, au moins pour ma part. Car trop près, c’est trop loin. On ne voit guère une fresque en se rapprochant : les détails mis bout à bout ne la constituent pas. Il y faut du recul. Mon recul, c’est la rareté de nos relations, ajoutée à leur brièveté. Piqûre d’araignée, comme le chante Vincent Delerm.De rappel.
 

Samedi 18 novembre 2006
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