Alcôve bizarre.
Je vis dans le secret
Entouré d’objets
Tous aussi beaux qu’illusoires.
Le lit défait,
Un poème anglais
Et je me retrouve dans le noir.
Ma vie est le reflet
D'un ciel étoilé
Sans aucune mémoire
Un crime parfait
D’hivers démasqués
Et de bruits de couloir.
Vous ne verrez jamais
Le lit refait
Sur mes énigmes dérisoires.
Odeurs et visages suffiront
A vous grandir
Sans plus jamais me voir.
Enterré d’obscures clartés
Parmi lesquelles je jouais
Comme dans une foire.





Il a fait la guerre, le monsieur, il y a longtemps, longtemps. Se rappelle-t-il ? Heureusement qu'on est là pour lui rappeler. Sa vie est une telle suite de pertes. Ils est encore vivant mais il n'est plus là depuis longtemps. On ne mesure pas le temps.Il a fait la guerre. Une des plus dures (ne le sont-elles toutes pas ?). Il ne témoigne plus de rien en fait que de son propre corps qui le force à vivre encore. Et ce sont ses rides qui parlent le mieux. Parce qu'entre cette guerre et maintenant, les sillons sanglants se sont accumulés. Mars est un dieu insatiable. Ce visage le dit en ne disant rien : intarissable silence de son regard. Sa guerre n'a jamais cessé. Il ne peut plus dormir en paix depuis 80 ans qu'il a perdu les siens. Il ne dit rien. Il ne dira plus rien que nous ne sachions déjà et par coeur. Nos vieilles images, nos films neufs, nos longs dimanches de fiançailles, nos jours les plus tristes, notre éternel mépris des autres peuples. Elle nous montre tels que nous sommes cette placidité patriarcale. Si nous apprenons bien de nos erreurs, c'est pour mieux les refaire. Il a compris cela qui n'est pas une leçon, qu'à travers son bref reste de vie, maintenant, nos mains vont encore lâcher prise pour saisir l'immonde bête marsienne, martiale. S'il ne dit plus rien que sa présence symbolique, c'est qu'il a appris que dire ne sert strictement à rien. L'expérience est un peigne pour les chauves. Il est. Il est encore là : c'est son combat.



Dire dire.