Vues prises d'un hélicoptère télécommandé.
Tout filmer. Ce désir infini de voir. Cette ivresse de consommer des kilomètres d’images. Ce fantasme pur de saisir les choses. Des caméras embarquées partout. Voitures, avions, animaux, à l’intérieur du corps, dans les maisons, sur nous bientôt. N’être qu’un ultime spectateur, impavide, seul aux manettes, glissant sur les ondes de la réalité. Jouir.
Tout voir, cette foultitude de moyens techniques pour des milliards d’images quotidiennes. Tout voir ? Et ne plus rien discerner en réalité. S’accaparer le temps, croit-on. Se faire plus grand que l’espace. Multiplier les subjectivités visuelles. Ne plus rien faire que s’asseoir et regarder. Ce flux incessant, comme au bord d’une autoroute. Jusqu’à l’écoeurement. Plus soif.
C’est beau, la Terre vue d’en haut. Mais c’est second life. C’est un conte de fée. Irréel. On ne comprend que notre impuissance à tout saisir. Notre angoisse est esthétique.
Mardi 9 janvier 2007
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enigmes
Dire dire.