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Mercredi 2 mai 2007
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Mercredi 2 mai 2007
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Mercredi 2 mai 2007
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Nous avons un rapport impensé au temps. Insensé.
Nous pensons le temps comme un défilement, une bille qui roule sur un plan à une vitesse constante. Nous exagérons les durées : la vie est courte, ce sont les journées qui sont longues. Bref, nous ressentons le temps comme un mouvement dans l’espace. C’est une métaphore trompeuse qui fausse notre vision.
De plus, nous imaginons l’éternité comme une immensité inépuisable de temps alors que c’est l’absence de temps.
Nous ne pouvons pas saisir le temps par la pensée, c’est impossible car il est ce par quoi toute pensée advient. Et c’est là qu’on arrive à une certaine obscurité. Si la pensée n’est que du langage, elle est forcément liée au dit ou à l’écrit. Elle est donc temporelle, elle se déroule, n’existe pas en soi, comme une idée platonicienne. A rebours, si la pensée est hors langage, qu’est-elle alors ? Elle devient hors temps et ne peut plus fluctuer, évoluer. Ce n’est plus une pensée, c’est un dogme.
 Onde ou corpuscule ? Les deux à la fois ? Dans et hors le temps ?
Le passé n’existe pas. Le futur n’existe pas. Le présent n’est pas entre les deux, vu qu’aucun n’existe.
Imaginez tout le temps en un point unique : le début est au même moment que la fin. Quand on recule très loin, une vie c’est ça. Un point unique.
Imaginez maintenant tout le temps sans début ni fin. Quand se rapproche infiniment, une vie c’est ça. On ne connaît pas sa naissance, on ne saura jamais quand on est mort.
Le temps, c’est les deux. L’association de ce point unique et de cette infinité.
Le temps n’est pas un défilement mais l’alternance, le balancement entre l’éternité de l’absence (le point unique) et l’éternité des deux infinis (pas de début, pas de fin).
Ma perception quotidienne du temps qui, dit-on, passe, c’est le vertige de la durée que je ne saisis que par métonymies spatiales. Mais ce ne sont que des leurres commodes. Le vertige de l’absence de temps.
L’être n’est qu’en s’effaçant : c’est le temps.
L’être est malgré cet effacement : c’est l’absence de temps.
Le temps où je suis n’est pas une durée contrairement aux instants que je vis. Mon ego veut l’absence de temps : ce qu’on nomme l’éternité, à savoir une vie infinie, sans fin.
Que philosopher, c’est apprendre à mourir : accepter le temps en le niant.

Mercredi 2 mai 2007
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Mercredi 2 mai 2007
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Mercredi 2 mai 2007
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