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Ne me racontez rien, je vis dans un état second qui est moi-même, fait de villes abandonnées, de paysages désertés que seuls les passés viennent visiter. Ne me montrez rien car je sais qu’il n’y a rien à voir que vos désespérantes errances, comme des aqueducs de désir au dessus de mers sans êtres. Ne me demandez rien : je n’ai rien à donner qu’un désespérant ennui de moi-même et des flots d’incertitudes. Ne me dites rien, je n’écouterai même pas vos passionnantes diatribes qui sauvent à chaque instant l’humanité. Ne vous garez pas devant chez moi, il n’y a guère la place pour vos idées bizarres et qui pourtant vous paraissent si raisonnables. Vous pouvez venir voler ce que vous voulez, c’est à vous ce fatras d’histoires et de passions, c’est à vous ces pieds de boue et ces têtes étoilées, c’est à vous ces impérieux mystères d’objets si quotidiens. Je me parle tant que j’en suis devenu muet aux autres. C’est à vous aussi ce mutisme, je vous le donne. Mes qualités, je crois, sont mes absences d’être : tout ce que je ne sais pas, ne sais pas faire : mon vide de convictions, celui d’un visage sans ride et sans âge qui, tel un Bouddha, ne sourit que du rien qui l’attend. Je regarde mon passé comme l’autre, celui que je n’ai jamais été et le futur comme l’autre aussi. Je ne suis que ce point présent qui ne veut rien que se parler à lui-même en une douce mélopée. Ne me dites rien, ne me regardez pas, ne m’en voulez pas si je suis si opaque, si ténébreux. Allez à vos affaires si urgentes que le monde qui passe sans économie. Je suis devenu indifférent à vos différences. Vous êtes tous les mêmes, je suis toujours différent : nous ne sommes pas faits pour nous entendre. Vous êtes un continent, je suis archipel, dispersion, manque du manque. Arrêtez ici de lire ce texte, vous ferez bien et moi aussi de l’écrire.

Samedi 19 mai 2007
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Samedi 19 mai 2007
ajouter un commentaire publié dans : humour

Samedi 19 mai 2007
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Devinez rapidement ce que c'est que cette pub. C'est visiblement pour de la nourriture...Regardez de plus près ce que ces cuisiniers préparent. Un mur de briques ? Attendez, soyez patients. Observez bien leur manège. Le mur n'est qu'un pré-texte...D'autres ingrédients se préparent à prendre forme. Tiens, un moteur. Vous ne devinez toujours pas ?

 

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Samedi 19 mai 2007
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C’est quand même assez freudien cette histoire me direz-vous. Le freluquet Mentos vivement propulsé dans la grosse bouteille nourricière de Coca engendrait un spectaculaire jaillissement spermatique. C’était assez jouissif, cet orgasme fusionnel et régressif de deux acidulés. Plus le coïtus était rapide, plus haut le jet de sperme. Dans cette histoire, la bouteille androgyne s’en trouvait quasi vidée et la petite cohorte gaillarde de pastilles Mentos pulvérisée dans un amniotique nuage sucré.
Maintenant que les premières effusions sont passées, on prend son temps. Le petit Mentos se glisse avec tout un tas de précautions dans le ventre brunâtre de maman Cola. On ne secoue pas. On fait que ça dure un paquet de temps. Maman Cola reçoit paisiblement les acidulés en  son giron. L’orgasme arrivé après. Il est pyrotechnique, balistique.
Là où on avait le jet d’eau de Genève prend place l’attentat à l’explosif.
Dans un premier temps, il s’agissait de bander et tirer. Aujourd’hui, on bande mou, on lit le Kama Sutra, on va voir les films de cul, on s’abonne à des magazines et des sites cochons. Cela mascère. Cela saumâtrise. On aligne les futurs explosifs.
Et on jette le bébé avec l’eau du bain. D’un jet filiforme et rationnellement longiligne on arricve à de foudroyantes spirales déjantées et un brin agressives.
Le premier phénomène était adolescent. Un gros buzz fortement théâtralisé, mis en bouteille. L’actuel est plus acnéïque. Pa scénarisé du tout : c’est un bon débordement banlieuesque, plus facile à réaliser d’ailleurs, mais plus anarchique.
Dans les deux cas, le père est absent, dissous. Freud est derrière tout ça encore !!!

Samedi 19 mai 2007
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Samedi 19 mai 2007
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