
Elle est émouvante, cette photo. Moi, elle m'émeut. Cette petite fille, ce cheval qu'elle semble chérir....et la croix rouge. D'ailleurs, on ne voit qu'elle au premier regard. Comme celle sur les arbres des forêts, ceux qu'on va abattre. Et, en opposition, le bleu du tee shirt, orné d'un cheval sans doute. C'est une accolade en guise d'adieu, un cérémonial appliqué. C'est un cheval à l'abattage. Un obscur drame, une sombre maladie l'auront condamné. La crinière côtoie celle de la petite fille. Elle le rassure, dirait-on. Elle lui infuse son amour, son amour de la vie. Elle ne le serre pas mais semble le caresser, le calmer. C'est étrange. Et cette omniprésente croix rouge qui vient indéfiniment accaparer notre regard, nous distancier par rapport à cette scène qu'en fait nous ne comprenons pas. Le rouge de la mort contre le bleu de la vie. Et pourquoi cette petite fille a-t-elle les ongles si sales, au fait ? Hein ? je vous le demande. Que s'est-il passé dans l'heure précédant cette émouvante scène. Pourquoi cette petite fille qui ne pleure pas, ne semble même pas résignée, se veut-elle plutôt rassurante ? Elle le calme, elle lui parle sans doute, le caresse tendrement. Le rassure. Le fond est flou, on distingue à peine quelques barrières. Le cheval semble apaisé, paupière mi-close. Il a vécu un drame, en fait.
Dans l'heure précédente l'écurie a pris feu, tuant 16 de ses congénères. Il en a réchappé, ainsi que quelques autres. C'est un survivant. Un vétérinaire l'a peinturluré de cette couleur pour signaler de quels soins ils relevait, simplement. Il va être sauvé. Il va vivre. Cette petite fille le sait. mais elle sait aussi son traumatisme, son agitation. Ses doigs sales montrent qu'elle à dû se battre, elle aussi, contre l'incendie. Qu'elle aussi est fortement traumatisée. C'est une image d'amour. C'est pourquoi elle est si émouvante.
Vendredi 6 avril 2007
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Je me rends compte que j’écris des textes de plus en plus courts. La flemme olympique. De moins en moins de phrases surgissent sous mon clavier, de moins en moins de touches. Vous allez respirer. Le laconisme me guette, voire le lacanisme ou peut-être même le lacunisme. Mon stock d’ingrédients va s’amenuisant, les fonds marins de mes idées se vident. Les phrases et les textes s’essoufflent. Mon lac Baïkal à moi va s’étendre comme un mouchoir de poche sur quelques maigrelettes petites lignes. J’ai beau compenser en agrandissant les polices, juste pour faire illusion, c’est devenu un lac de désolation. Dans quelques semaines vous ne verrez plus que quelques petites phrases rachitiques, d’un vocabulaire étique, lovées dans un marigot de manque d’idées. Saumâtre. Et puis dans quelques autres sans doute : une phrase, toute seule. Banale. Cruellement banale de sa solitude. Même pas un aphorisme, une citation universelle ou marrante. Non. Et puis après : un mot. Le fameux mot du jour, même pas choisi : un mélange de lettres comme une voiture seule au milieu d’un parking de supermarché vide un dimanche après midi. Le dernier des mots y campe. Remarquez que c’est beau un mot. Une page toute blanche avec au milieu le mot : « solitude ». Mais ce mot là n’est jamais seul. Le mot n’est pas la chose. Et je finirai avec une lettre, une sorte de calligraphie. Toute seule. Laquelle choisir pour être pertinent ? N’importe, elles le sont toutes. Vous vous demanderez alors pourquoi j’ai choisi celle-là plutôt que telle autre. Quelle immense richesse intérieure se cachera sous ce signe zen. Et tous les jours vous reviendrez voir quelle lettre j’ai mis sur mon blog afin de sonder mes profondeurs. Et au bout du compte, il n’y aura plus rien. Un vide. Le néant. Je serai parti.
Vendredi 6 avril 2007
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Vendredi 6 avril 2007
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