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Mercredi 18 avril 2007
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Je ne vous dirai pas le fond de ma pensée, jamais. Vous savez pourquoi ? Ma pensée n’a pas de fond. Elle est comme un monde qui n’existe pas. Irréelle. Ou enfin presque. Sans aucun fondement tout du moins. Eh oui, pas de sol, de socle, sinon l’impensé. Pas de limite, de barrière, sinon l’impensable. Territoire étrange et familier qu’est le registre de la pensée. C’est comme quelque chose qui se hisserait sans aucun support car c’est insupportable. Qui pourrait fonder la pensée sinon la pensée elle-même. Elle est pérenne, mais seule dans sa pérennité. Il faut s’y faire. D’où la métaphysique idée de l’être qui serait l’autre de la pensée : le pur extérieur, l’altérité. La pensée c’est le non être : elle ne se voit pas, ne se palpe pas, n’est jamais définitive, jamais écrite exactement, jamais dénombrée, définie. Elle est impensable en tant que telle. Tiens, une barrière. Un plafond : la pensée ne peut se penser. De même que notre œil ne peut percevoir le trou noir du nerf optique au fond de la rétine, ce canal qui conduit l’image au cerveau. Et le sol ? Le sol, on dira le langage. Oui, mais c’est un sol qui ne repose sur rien. Donc, des deux côtés notre pensée se heurte à de l’irrationnel, de l’impénétrable, de l’obscur. Pa se fond, pas d’horizon à atteindre, pas de Dieu supérieur à égaler. La pensée est à proprement parler indispensable.
Mercredi 18 avril 2007
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pré-textes
Hier soir, il y avait l'émission de Marc Olivier Fogiel "T'empêches tout le monde de dormir". Après une discussion très serieuse avec une jeune fille victime de l'alcoolisme c'est au tour de Christophe Willem, le vainqueur de la nouvelle star 2006, d'être questionné par Marc Olivier Fogiel. Le plateau se détend, quelques petites boutades fusent sur Christophe Willem et une dame se met à rire dans le public. Mais quel rire ! Apparement très communicatif puisque l'ensemble du plateau (Pierre Palmade, Laurant Deutsch, Valérie Damidot, Dominique Farrugia et surtout "Marco" sont pris dans un fou rire collectif. Marco Olivier Fogiel sera dans l'incapacité de reprendre l'émission et ne s'en remettra qu'après avoir lancé une courte page de publicité...
C'est du rire dont il est question. Rien ne se dit. rien n'est rationnel. Ce n'est même pas un rituel. C'est le propre de l'homme dit-on, que de rire. C'est assez angoissant, avec un peu de distance. A-t-on suffisamment réfléchi sur ce qu'était le rire ? Les animaux ne rient pas, excepté une certaine vache assez célèbre, mais on ne va pas en faire un fromage. L'homme rit. Le fou rire est de ne pas savoir le pourquoi. Le fou rire est de communiquer le sien comme un incendie de forêt d'arbre en arbre. C'est du symbolique vide qui passe. Du vent. du vent de folie. Rire est un état. Un baromètre de pression. C'est une communication où on ne communique rien. Le langage à l'état brut, celui d'avant les mots. La fondation irrationnelle de toute notre raison. C'est un état régressif qui fait référence à nos premiers ris de bébé. A l'époque : poas de mots, que des signes. Une réaction d'acceptation. On vous chatouille sous les pieds, vous riez. D'aucun disent que c'est nerveux, le fou rire. C'est un état du corps qui refuse les mots. C'est l'entre deux de l'animal à l'homme. L'animal ne rit pas, ne parle pas. L'homme ne fait principalement que parler. Rire est cette distance au langage et à l'animal en nous. C'est la diffusion du même dans nos tissus. Rire désaltère en ce sens que c'est un refus de l'altérité, une communion, plus qu'une communication. C'est tragique.
Mercredi 18 avril 2007
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