C'est la sortie de secours que je cherche. Alors cherchez avec moi. Parmi les millions de souvenirs parmi moi, nous allons bien finir par la trouver. Attention, ce n'est pas la même porte que l'entrée. Aidez-moi, si vous avez une idée. On cherche ensemble. Mais quand on n'en a jamais vu, on ne peut même pas se faire une idée, ni même se faire à l'idée. Se faire des idées, ça oui !!! Dédale où on ne se perd jamais. Pour se perdre, encore faut-il chercher quelque chose, ou soi-même. Qui n'a pas de boussole, ni de carte, ni de but ne se perd pas. Perdre un objet, un être, mais quelque chose que l'on ne connaît pas... ou seulement de nom.
Une sortie de secours n'est pas une sortie normale, de celle que nous empruntons tous les jours. C'est une exception. Quelque chose que l'on côtoie sans cesse sans le voir. Un inconnu. Ce qui fait la quasi-totalité de nos banals quotidiens. Et quand survient l'accident ladite sortie est forclose de nos mémoires.
L'accident ! Nous naissons par accident, sans doute. C'est une sortie de secours déjà. Je pense. On a dû se fourvoyer, se mégarder, naître. Et puis le reste de la vie se passe comme un rêve où rien ne nous touche vraiment que nos ignorances. Nos habitudes nous aident en nous cachant tout. Nous nous sommes habitués à être d'essentiels accidents. Nous rêvons nos vies.
Peu d'évènements nous montrent la vie. Rares sont-ils. Une mort, une perte, un ...accident justement. Le reste du temps nous planons dans notre bienheureux ou malheureux no man's land bien confortable. Nous naviguons dans d'habituels couloirs de pensée, de survie, de culture.... Nous ne nous remettons jamais en question. Ce serait du reste inutile.
Cette fameuse sortie de secours alors ? C'est sans doute un leurre. Godot. Le désert des Tartares. Une attente de rien. Une promenade infinie en une ville infinie. Sortir de quoi ? Une fois sorti, je subodore que cette porte se referme brusquement. Donc.
Des millions de gens, pas des héros, pas des intellectuels ni des artistes. Des millions de vies, pas passées à lire ou à penser ou à chercher des sorties. Des millions d'histoires toutes aussi étanches les une aux autres : monades. Des millions de millions de productions, de relations, d'échanges, de tourbillons égotiques. Des millions de naissances et de morts. Des millions de croyances, de langages, de livres, de bonnes paroles. Des milliards de souvenirs, d'espoirs de désenchantements. Des milliards de riens, de paysages vus, d'amours, de bouffe. Des milliards de milliards de tonnes de merde, de vomi, de pisse.
La sortie de secours est bloquée. Merde !!!






Dire dire.