Mon histoire ne vous plaît pas, passez votre chemin. Ce n’est pas une histoire d’ailleurs, c’est MON histoire, avec un grand M. Elle ne vous plaît pas, je ne suis pas séduisant. Elle a commencé comme tout le monde à l’âge de -9 mois plus le restant. J’en suis le héros sans l’être vraiment (et puis lisez mes autres textes, vous comprendrez (ou pas)) ; disons que j’y joue plusieurs seconds rôles rémanents.
Je n’aime pas les histoires moi-même, c’est pourquoi je lis beaucoup et vais souvent au cinéma. Je les cherche. C'est-à-dire que je cherche un calque, une métonymie, une parabole, une comparaison afin de me voir moi-même, comme en miroir, sans trop me regarder. Juste histoire de voir…à quoi je pourrais bien ressembler, quel genre de héros je suis.
Vous êtes agaçants, je vais vous envoyer paître, un de ces jours, à me coller aux semelles et vous disant « Mais où est-ce qu’il veut en venir ce type-là ? ». Je ne vous cherche pas d’histoires, moi ! Je ne vous lis pas du reste, vous ne m’intéressez pas, avec vos petites histoires. Comme tout ça est mesquin : vos familles, tribus, voisins, opinions politiques me font allégrement bailler. C’est du menu fretin tout ça. Bloguez, mais bloguez donc. Faites, je vous en prie. Mettez donc en scène ce que vous croyez être votre histoire. Ce n’est pas si difficile de se présumer.
Je suis parano. Je suis schizo et névrosé du clavier. Je barbote dans une flasque bulle de néant. Tout ça, tout ça. Voilà, elle est dite mon histoire. C’est mou du genou pour des durs de la fouille comme vous. Vous croustillez d’anecdotes, d’insolites, de brèves, de cochonneries. Et moi pas. Mon histoire, je la sens tragiquement vide, insensée, inracontable. Vous allez vous faire chier copieux. Mise en scène bergmanienne, décors antonioniens, scénario tarkovskien. Des rats morts. Crevés. A la fin de la séance, plus un seul spectateur. Peut-être Jean Pierre Dionnet. Et encore….
C’est tragique : riez.
Dire dire.