J'aime bien boire, je siroterais bien pendant une éternité un immense verre d'alcool doux pendant que le soleil n'arrêterait pas de se coucher.
J'aime bien lire, je passerais ma vie accoudé à mon balcon, un livre à la main, immergé dans mon histoire infinie, bercé des aventures des milliers de personnages familiers.
J'aime bien pleurer, cela me donne bonne conscience. Je pleurerais ainsi pendant des années en pensant à l'être cher, sans discontinuer. Seul au bord de la rivière du temps qui passe. L'été.
J'aime bien ne rien faire du tout. Isolé au milieu de mon vaisseau appartement, je sillonnerais le temps de ma vie de mes chaussons traînants, en baillant mollement, respirant l'air tiède des secondes lancinantes.
J'aime bien regarder, ne rien faire d'autre. Me bercer de ce que je vois, même quand le sommeil vient : nouvelle séance de cinéma de mes rêves, multiplexe, multicomplexe : rire, horreur, ennui, drames....
J'aime bien écouter : un disque sans fin de douce ambient onirique, multiphonie, breaks abyssaux, crecendos lents et veloutés, textures rythmiques complexes et sophistiquées portant des voix lointaines et ravissantes.
J'aime bien penser à toi...je ne fais que ça....c'est prodigieux...tu n'existes plus qu'en pensée...telle que je te veux...te souhaite...sans plus....relation vide de quotidien....de sentiments...de brouillages...
J'aime bien être absent de moi-même. me dire que je suis autre que ce que je fais, que ce que je pense quand je ne pense pas. Que je ne suis que cette distance à moi-même.
J'écrirais bien comme ça pendant toute ma vie, sans que personne ne me lise. A l'ombre de mes vies fantasmées. Des monocultures. Des océans plats de désirs satisfaits. Le monde s'accordant à mes désirs. Infiniment les mêmes dans un monde monocorde.
Je n'ai qu'une vie. Il faut choisir. J'hésite.
C'est de là que viennent mes probmlèmes.
Dire dire.